Explosions sur les gazoducs Nord Stream : qui est donc à l’origine du sabotage ?

Le Service néerlandais de renseignement militaire aurait indiqué à la CIA que l’Ukraine prévoyait de saboter les gazoducs Nord Stream, a-t-on appris quelques jours après que les médias belges ont rapporté que l’agence américaine a informé plusieurs services secrets que Kiev était derrière les explosions.

Euractiv.com
Nord Stream landfall facilities
Plusieurs pays — notamment la Pologne, les États-Unis, la Russie et l’Ukraine — ont été accusés d’être à l’origine des explosions sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 reliant l’Allemagne et la Russie. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Le Service néerlandais de renseignement militaire et de sécurité (MIVD) aurait indiqué à la l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA) que l’Ukraine prévoyait de saboter les gazoducs Nord Stream, a-t-on appris quelques jours après que les médias belges ont rapporté que la CIA avait informé les services secrets de plusieurs pays que l’Ukraine était derrière les explosions sur les pipelines.

Outre la catastrophe écologique provoquée par les explosions et les fuites qui en ont résulté, le sabotage des gazoducs Nord Stream a également entraîné une instabilité accrue sur le marché du gaz ainsi qu’une hausse des prix.

Plusieurs pays — notamment la Pologne, les États-Unis, la Russie et l’Ukraine — ont été accusés d’être à l’origine des explosions sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 reliant l’Allemagne et la Russie.

Cependant, le MIVD aurait informé les services de renseignement américains des plans de l’Ukraine pour mener une attaque sur les gazoducs des mois avant les explosions, selon les enquêtes menées par le média NOS, en collaboration avec l’ARD et Die Zeit. Selon l’enquête, les attaques devaient initialement avoir lieu en juin 2022 et les plongeurs devaient utiliser un bateau loué pour l’opération.

En outre, ils rapportent que la ministre de la Défense Kajsa Ollongren, le Premier ministre Mark Rutte et le ministre des Affaires étrangères Wopke Hoekstra auraient été au courant des projets.

« Je crains que le résultat de l’enquête ne soit une vérité inconfortable », a déclaré une source au fait de la question.

Mme Ollongren a refusé de commenter ces allégations tant que des enquêtes sur les attaques, menées par l’Allemagne et le Danemark, sont en cours. Le MIVD s’est également abstenu de tout commentaire.

Cette nouvelle intervient quelques jours seulement après que le média belge De Tijd a rapporté que la CIA aurait déclaré aux services secrets belges qu’elle soupçonnait l’Ukraine d’être à l’origine de l’attentat. Une semaine auparavant, le Washington Post avait révélé que la CIA avait été informée de l’existence potentielle de plans ukrainiens pour faire exploser le gazoduc par « un service de renseignement européen » — cette informateur semble être le MIVD néerlandais.

Samedi (10 juin), le Wall Street Journal avait rapporté que les opérations de sabotage pourraient avoir été planifiées en Pologne, une accusation qui fait actuellement l’objet d’une enquête allemande.

En juin, l’ancien diplomate néerlandais Kees Klompenhouwer a accusé les gouvernements néerlandais successifs d’avoir ignoré l’utilisation abusive du gazoduc Nord Stream 1 par la Russie pour « infiltrer » les Pays-Bas dans le cadre de ses activités d’espionnage.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]