Extrême droite allemande : Alice Weidel nommée tête de liste d’un parti divisé

L’élection ce weekend d’Alice Weidel comme tête de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) n’a pas été une surprise, mais a mis en lumière les tensions au sein d’un parti divisé entre sa direction et sa base.

EURACTIV.com
Alternative for Germany (AfD) Holds Party Congress As Federal Elections Near
Le vote sur Alice Weidel a été rapide et soigneusement chorégraphié pour garantir l’unanimité. Toute personne s’opposant à elle aurait dû se lever devant l’ensemble de la convention et se déclarer. Personne ne l’a fait, de sorte qu’elle a reçu un soutien unanime. [Photo by Sean Gallup/Getty Images]

L’élection ce weekend d’Alice Weidel comme tête de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) n’a pas été une surprise, mais a mis en lumière les tensions au sein d’un parti divisé entre sa direction et sa base.

L’AfD, qui siège avec le groupe Europe des nations souveraines au Parlement européen, s’est réuni à Riesa, une petite ville du Land de Saxe, dans l’est du pays, pour sa conférence préélectorale. La convention de Riesa a été retardée de deux heures en raison de manifestations à l’extérieur du centre de conférence.

L’Allemagne tiendra des élections anticipées le 23 février prochain, à la suite de l’effondrement de la coalition gouvernementale composée des sociaux-démocrates (SPD), des Verts et des libéraux (FDP) en novembre dernier.

Alice Weidel vise la chancellerie, mais son élection n’est pas gagnée d’avance — et c’est le moins que l’on puisse dire. Si l’AfD arrive en deuxième position dans les sondages avec 21 % des voix, elle n’a pas de partenaires de coalition potentiels, car tous les autres partis ont exclu de former un gouvernement avec le parti d’extrême droite.

En effet, le favori à la chancellerie est le candidat tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, Parti populaire européen), Friedrich Merz. Son parti est en tête des sondages, avec environ 10 points de plus que l’AfD.

Le vote de choix de la tête de liste du parti d’extrême droite a été rapide et soigneusement chorégraphié pour garantir l’unanimité. Toute personne s’opposant à Alice Weidel aurait dû se lever devant l’ensemble de la convention et se déclarer. Personne n’a osé, et elle a reçu un soutien unanime.

Dans son discours d’acceptation, la responsable politique a notamment déclaré la guerre à ce qu’elle a appelé les « moulins à vent de la honte », en référence aux milliers d’éoliennes qui parsèment le paysage rural allemand pour produire de l’électricité.

Après l’élection, les dirigeants du parti se sont empressés de rejoindre leur tête de liste pour une photo sur la scène, avant de disparaître presque aussi rapidement. Peut-être parce qu’Alice Weidel n’a pas participé à la plupart des débats du congrès concernant le programme du parti. C’est pourtant là que les fissures dans le front uni du parti sont les plus apparentes.

Les partisans de la ligne dure se sont opposés à toute modification de l’opposition du parti à l’avortement, par exemple, dont l’aile moins radicale de l’AfD craint qu’elle ne rebute les électeurs traditionnels. Il en va de même pour la position du parti sur le changement climatique — c’est-à-dire l’abandon des accords internationaux sur le climat — ou sur le service militaire — le parti souhaite le retour de la conscription.

Malgré tous ses succès dans les urnes ces dernières années, le parti reste déchiré par des divisions et luttes internes.

À la fin de la conférence, Alice Weidel a déclaré : « Nous sommes unis », peut-être plus pour se convaincre elle-même que pour convaincre les autres personnes présentes dans la salle.

[Édité par Anna Martino]