Feu vert des eurodéputés à un prêt à Kiev financé par les avoirs russes gelés

Le Parlement européen a voté mardi 22 octobre en faveur de l’octroi d’un prêt pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, qui sera financé par les profits dégagés par les avoirs russes gelés en Europe.

EURACTIV France avec AFP
European Parliament session in Strasbourg
Le texte a été adopté par 518 voix pour, 56 contre et 61 abstentions. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Le Parlement européen a voté mardi 22 octobre en faveur de l’octroi d’un prêt pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, qui sera financé par les profits dégagés par les avoirs russes gelés en Europe.

Le texte a été adopté par 518 voix pour, 56 contre et 61 abstentions.

« La Russie doit payer pour la destruction de l’Ukraine », a affirmé la rapporteure du texte voté, l’eurodéputée libérale suédoise Karin Karlsbro (Renew).

« En soutenant l’Ukraine, nous investissons dans notre sécurité », a assuré de son côté l’eurodéputé chrétien-démocrate roumain Siegfried Muresan (Parti populaire européen, PPE).

L’eurodéputé français Thierry Mariani (Patriotes pour l’Europe, extrême-droite) a en revanche dénoncé un prêt « imposé par la Commission [européenne] pour maintenir en vie un État déjà gangrené bien avant la guerre par la corruption ».

Le Conseil de l’Union européenne, l’instance représentant les États membres, avait déjà donné son feu vert le 9 octobre. Il devra encore donner son accord final avant de premiers versements dès le début 2025.

Quelque 280 milliards d’euros d’avoirs russes ont été gelés dans l’UE après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, dont environ 90 % se trouvent en Belgique, siège de l’organisme international de dépôts de fonds Euroclear.

Ces avoirs sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d’euros par an, qui peuvent aider à armer l’Ukraine et à financer sa reconstruction d’après-guerre.

Les pays du G7 s’étaient mis d’accord pour un prêt global allant jusqu’à 50 milliards de dollars, soit quelque 45 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, financé par les intérêts générés par ces avoirs russes gelés.

Les Européens font pour l’instant cavaliers seuls au sein du G7, en raison des garanties demandées par les États-Unis. Washington souhaite s’assurer que le gel des avoirs russes se fasse dans la durée pour éviter toute rupture de financement.

Il dépend en effet d’un régime de sanctions que les Vingt-Sept doivent pour l’instant renouveler à l’unanimité tous les six mois. La Commission a donc proposé que le renouvellement des sanctions, portant sur le gel des avoirs de la banque centrale russe, se fasse désormais tous les trois ans. Cette décision, qui nécessite l’unanimité des États membres, est toutefois bloquée par la Hongrie, a-t-on expliqué de source diplomatique.

Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et le Japon, doivent encore décider à quelle hauteur ils comptent participer à ce prêt de 45 milliards d’euros, décidé dans le cadre du G7.

Cette participation est importante car l’UE abaissera sa contribution de 35 milliards d’euros, si le montant du prêt total devait dépasser les 45 milliards d’euros, en prenant en compte les engagements futurs des autres pays du G7.