Fillon : "L’affaiblissement de notre compétitivité n’est pas inéluctable"

Le Premier ministre souhaite une Europe "moins naïve et plus exigeante" face à ses concurrents.

EURACTIV.fr

Le Premier ministre souhaite une Europe « moins naïve et plus exigeante » face à ses concurrents.

Le déficit commercial de la France n’est pas une « fatalité », a assuré, jeudi 10 février, François Fillon, en soulignant la volonté de son gouvernement d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises et en souhaitant une Europe « moins naïve et plus exigeante » face à ses concurrents.

Deux jours après l’annonce d’un net creusement du déficit commercial en 2010, à 51,4 milliards d’euros contre 44 milliards en 2009, le Premier ministre a plaidé pour un accès plus facile des entreprises françaises aux marchés étrangers.

Il a également promis un renforcement du soutien de l’État aux grands contrats à l’exportation et dit vouloir accroître le nombre d’entreprises exportatrices.

Le nombre des entreprises françaises vendant à l’étranger a baissé de plus de 10% en dix ans, a-t-il rappelé, pour tomber à 91 000, contre 400 000 en Allemagne.

Dégradation

« Nous ne pouvons nous résigner à ces chiffres. Il est essentiel que nos entreprises se tournent davantage vers l’international, dans des secteurs plus nombreux », a dit François Fillon lors des « rencontres de l’export » au ministère de l’Économie à Paris.

Pour expliquer la dégradation de la balance commerciale française ces dernières années, il a mis en avant l’impact des 35 heures sur les marges et la capacité d’investissement des entreprises. « L’affaiblissement de notre compétitivité n’est en rien inéluctable et nous pouvons regagner les parts de marché perdues », a-t-il ajouté.

Il a ainsi rappelé les réformes mises en oeuvre ces dernières années, comme le crédit impôt-recherche, la suppression de la taxe professionnelle, ou l’assouplissement des 35 heures, mais aussi l’absence de « coups de pouce » au Smic.

Pourtour méditerranéen

L’État, a-t-il notamment expliqué, consacrera 60% de ses actions d’accompagnement des entreprises exportatrices au « grand large », c’est-à-dire aux marchés situés au-delà de l’Europe et du pourtour méditerranéen.

« Aller chercher la croissance là où elle est la plus forte, c’est évidemment une nécessité offensive pour se développer plus vite; c’est aussi une nécessité défensive, parce que les entreprises qui ne s’implantent pas sur ces marchés risquent fort de voir d’autres entreprises européennes y prospérer et revenir ensuite les concurrencer jusque chez elles », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a dit souhaiter que l’Union européenne puisse signer deux nouveaux accords de libre-échange « à condition qu’ils soient équilibrés et pleinement conformes au principe de réciprocité affirmé par le Conseil européen à l’initiative de la France ».

Naïveté

Il s’est également prononcé pour une adhésion de la Russie à l’OMC cette année et a ajouté que la France était prête à soutenir un accord « ambitieux » sur le cycle de Doha lancé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « pour autant bien sûr que cet accord préserve les intérêts agricoles européens ».

« L’Europe doit être moins naïve et plus exigeante que par le passé vis-à-vis de ses partenaires », a-t-il ajouté.

« Si certains pays ferment leurs marchés publics à nos entreprises, il n’y a aucune raison pour que nous leur ouvrions les nôtres. » Evoquant le différend qui oppose Airbus à Boeing au sujet des aides publiques au développement de nouveaux modèles, il a déclaré que le dernier rapport de l’OMC « ouvr(ait) la voie à une solution négociée ».