Fin de la crise en Belgique : le roi des Belges nomme un nouveau premier ministre
Le roi Albert II a nommé Elio Di Rupo, un socialiste francophone, au poste de premier ministre ce lundi (5 décembre). Cette nomination met fin à 540 jours d'une crise politique alimentée par un conflit linguistique entre les partis néerlandophone et francophone.
Le roi Albert II a nommé Elio Di Rupo, un socialiste francophone, au poste de premier ministre ce lundi (5 décembre). Cette nomination met fin à 540 jours d'une crise politique alimentée par un conflit linguistique entre les partis néerlandophone et francophone.
M. Di Rupo a révélé la composition de son gouvernement lundi soir, suite à une brève entrevue avec le roi Albert II.
Le nouveau gouvernement belge prêtera serment aujourd'hui au château royal de Laeken, à la veille d'une déclaration dans laquelle M. Di Rupo devrait présenter le programme de son gouvernement.
Ceci devrait permettre à M. Di Rupo de participer à son premier sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.
La nouvelle équipe belge est composée de nombreux ministres du gouvernement en affaires courantes du premier ministre intérimaire, Yves Leterme, même s'ils occuperont des postes différents.
Le chrétien démocrate flamand Steven Vanackere deviendra ministre des finances et le libéral francophone Didier Reynders occupera le poste de ministre des affaires étrangères. Les deux hommes ont purement et simplement échangé leurs positions.
Un vote de confiance aura lieu au parlement samedi, mais ce ne devrait être qu'une formalité, dans la mesure où les six partis politiques formant la coalition au pouvoir disposent d'une majorité confortable à l'assemblée.
Accord budgétaire
La dernière pierre d'achoppement pour la conclusion d'un accord a été surmontée la semaine dernière, lorsque les six partis impliqués dans les négociations ont abouti à un compromis sur le budget 2012.
Cet accord comprend l'engagement d'équilibrer les finances du pays d'ici 2015, avec l'objectif de ramener le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB en 2012.
Cet objectif pourrait toutefois se révéler trop optimiste, alors que de nombreux économistes affirment que la Belgique ne devrait pas atteindre les 0,8 % de croissance économique sur lesquels se fonde le budget proposé.
La Belgique pourrait dès lors être obligée de renforcer des mesures d'austérité qui ont déjà poussé 50 000 manifestants à défiler dans les rues vendredi dernier.
La dette du secteur public belge atteignait 96 % du PIB l'an dernier, plaçant le pays juste derrière la Grèce et l'Italie dans la zone euro, et à égalité avec l'Irlande.
La Belgique a également souffert d'avoir dû fournir la plus grande partie des garanties d'Etat pour le renflouement du groupe financier franco-belge Dexia.
Conflit linguistique
Le plus grand défi d'Elio Di Rupo sera de diriger un gouvernement qui ne jouit pas du soutien du plus grand parti politique du pays, l'Alliance Néo-Flamande (N-VA), un parti séparatiste flamand qui souhaite la séparation de la Belgique.
La N-VA a fait du conflit linguistique et de la défense de l'identité flamande ses chevaux de bataille lors des dernières élections, ce qui lui a permis de les remporter haut la main en 2010. Quelque 35 % des électeurs flamand soutiennent la N-VA.
Les précédentes tentatives de formation d'un gouvernement avaient échoué, en raison du refus de la N-VA de conclure un compromis avec les autres partis sur la réforme de l'Etat et sur l'attribution de nouveaux pouvoirs aux régions.
Le départ de la N-VA des négociations a ouvert la voie à la conclusion d'un accord historique en faveur de la réforme de l'Etat belge. Il a été conclu en octobre dernier et permet aujourd'hui à Elio Di Rupo de devenir premier ministre.
Cet accord redéfinit notamment les frontières électorales dans la région bruxelloise, une question qui opposait depuis longtemps les partis francophones et néerlandophones.
Il accorde également des pouvoirs sans précédent aux régions et leur transfère des compétences budgétaires, un point qui faisait débat depuis de longues années.