Fin des divergences sur les objectifs pour 2020

Après des mois de disputes, les Etats membres de l'UE sont prêts à se mettre d'accord sur des objectifs chiffrés pour améliorer l'économie sociale européenne d'ici 2020, y compris en matière d'éducation et de pauvreté, d'après les projets de conclusions du sommet de l'UE de demain, consultées par EURACTIV.

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Après des mois de disputes, les Etats membres de l'UE sont prêts à se mettre d'accord sur des objectifs chiffrés pour améliorer l'économie sociale européenne d'ici 2020, y compris en matière d'éducation et de pauvreté, d'après les projets de conclusions du sommet de l'UE de demain, consultées par EURACTIV.

Le Conseil européen a confirmé es cinq objectifs principaux qui constitueront les finalités partagées qui guideront l'action des Etats membres et de l'Union, selon les projets de conclusions.  Ces objectifs incluent l'emploi, la recherche, le changement climatique, l'éducation et la pauvreté (voir le LinksDossier d'EURACTIV).

Le texte souligne que le Conseil européen est d'accord avec la quantification des indicateurs d'éducation et d'inclusion sociale / et de pauvreté, qui ont fait l'objet de divergences pendant des mois.

Education

En ce qui concerne l'éducation, les dirigeants sont prêts à convenir d'un objectif de réduction des taux d'abandon de l'école à moins de 10 % par rapport à l'actuel taux de 15 %.

Ils soutiendront également l'objectif visant à augmenter la part de personnes âgées de 30 à 34 ans qui va jusqu'au bout de ses études supérieures d'au moins 40 %, selon l'ébauche du texte.

L'Allemagne s'est longtemps opposée à ces objectifs, soutenant que l'éducation est une question nationale et régionale, et que l'ingérence de l'UE dans ce domaine serait contreproductive.

Toutefois, suite à une forte pression des institutions de l'UE, l'Allemagne a accepté ces objectifs. Les finalités indiquent également que les objectifs en matière d'éducation concerneront un groupe d'âge plus limité.

Plutôt que de chercher à augmenter le nombre de diplômes pour les jeunes,  comme c'était prévu à l'origine, le nouvel objectif, plus spécifique, est axé sur l'éducation tertiaire pour les personnes qui ont la trentaine.

Pauvreté

Les objectifs anti-pauvreté ont également été largement contestés, en particulier par les pays d'Europe de l'est, qui craignaient de ne pas être capable de remplir les objectifs ambitieux faits sur mesure pour les pays occidentaux de l'UE. La définition de la pauvreté a aussi fait l'objet de controverses.

Les statistiques de l'UE indiquent que 17 % de la population de l'UE (presque 80 millions d'Européens) vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté. Pour Europe 2020, la Commission européenne a recommandé de réduire le nombre d'Européens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté de 25 %, sortant 20 millions de personnes de la pauvreté.

L'accord qui figure dans les projets de conclusion du sommet réduit le pourcentage de l'objectif, mais laisse intact la cible absolue de réduire le chiffre de 20 millions de personnes qui risquent de se retrouver dans une situation de pauvreté ou d'exclusion (EURACTIV 08/06/10). 

L'autre concession réalisée par les pays réticents est la possibilité de choisir entre trois indicateurs différents. Chaque pays sera libre d'établir des objectifs nationaux sur la base de l'indicateur le plus approprié : "en danger de pauvreté", "privation matérielle" ou "ménage sans emploi".

Toutefois, des sources diplomatiques ont dit que ce nouveau choix de mesure résulterait en un chiffre bien plus élevé de citoyens vivant dans la pauvreté, passant d'un nombre initial de 80 millions à 120 millions (EURACTIV 04/06/10).

Emploi, recherche et changement climatique

Les autres objectifs sur l'emploi, la recherche et le changement climatique ont été sujets à moins de controverses.

Les dirigeants sont prêts à réitérer leur accord afin d'augmenter à 75 % le taux d'emploi pour les femmes et les hommes âgés de 20 à 64 ans, y compris à travers une plus forte participation des jeunes, des travailleurs âgés et des travailleurs peu qualifiés, et à travers une meilleure intégration des migrants légaux, selon le document.

Ils conviendront également d'augmenter les niveaux d'investissement public privé combinés à 3 % du PIB pour la recherche et l'innovation. Cependant, l'indicateur qui reflète l'intensité de la R&D et de l'innovation doit toujours être trouvé par la Commission et risque de devenir l'objet de controverses.

Au final, les dirigeants confirmeront leur engagement aux niveaux d'investissement du fameux objectif du changement climatique qui consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % comparé aux niveaux de 1990, et à augmenter de 20 % la part d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE.

L'objectif le plus ambitieux de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % sera réitéré à condition que les autres pays industrialisés acceptent d'effectuer des réductions comparables.

Objectifs généraux

Les Etats membres doivent désormais agir pour mettre en œuvre ces priorités politiques à leur niveau. Ils doivent, tout en tenant des discussions étroites avec la Commission, finaliser leurs progrès nationaux, d'après les procédures nationales de prise de décision, a mis en avant le document.

Le travail doit également être présenté au niveau européen, mobilisant tous les instruments de l'UE et politiques communes, y compris la politique agricole et les politiques visant à promouvoir l'économie, et la cohésion sociale et territoriale, ajoute le texte.