Fleur Pellerin déplore le manque de capacités d'investissements des télécoms européens

La ministre déléguée à l'économie numérique estime que les cinq géants de l'Internet entravent l’innovation dans les nouvelles technologies. Elle souhaite davantage taxer et réglementer ces entreprises. 

/ EURACTIV.fr
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La ministre déléguée à l'économie numérique estime que les cinq géants de l'Internet entravent l’innovation dans les nouvelles technologies. Elle souhaite davantage taxer et réglementer ces entreprises. 

Fleur Pellerin soutient l'avis des chefs d'entreprise : les propositions de la Commission sur le marché unique des télécommunications ne vont pas permettre à l'industrie d'investir suffisamment dans les années à venir.

« Je ne vois pas ce qui aidera le secteur à générer des investissements plus rapidement. Concrètement, je ne vois pas comment les propositions faciliteront les investissements », a-t-elle indiqué lors du sommet annuel de l'Association européenne des exploitants de réseaux de télécommunications (ETNO).

« L'Europe est reléguée au second plan dans l'économie numérique », a ajouté la ministre française

Elle a répété les appels en faveur de règles équitables pour les entreprises numériques européennes, dont les propositions de taxe ciblée sur les géants de l'Internet basés aux États-Unis.

Le mois dernier, elle a organisé une réunion à Paris avec les ministres de sept États membres (dont l'Allemagne, l'Espagne, la Pologne et le Royaume-Uni) et la commissaire en charge de la stratégie numérique, Neelie Kroes. Ils ont discuté de nouvelles propositions afin d'harmoniser les règles sur le numérique européen. Ils ont également abordé la « taxe Google ».

Réunion avec le commissaire à la fiscalité

Cette taxe concernerait les plus grands fournisseurs de service Internet « de haut niveau », tels que Google et Microsoft. Fleur Pellerin a expliqué lors de la conférence qu'elle discuterait de l'idée à Paris avec le commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Šemeta, et lors d'une réunion en Finlande le 11 octobre.

>> Lire : La France va proposer une taxe minimale pour tous les acteurs du numérique

Elle n'aurait pas reçu un large soutien des autres ministres lors de la réunion à Paris. Elle a toutefois expliqué à EURACTIV que tous les ministres étaient en faveur de l'harmonisation des règles pour le secteur européen.

« Conformément aux règles existantes, les cinq grandes entreprises américaines peuvent dominer et façonner le marché », a-t-elle déclaré, en ajoutant que la nouvelle taxe sur les fournisseurs américains « de haut niveau » était indispensable à la création de règles équitables.

La ministre française a également appelé à des capitaux à risque européens en vue de soutenir l'établissement de grandes entreprises numériques en Europe.

Commission : « Ils n'ont pas à se plaindre »

Luigi Gambardella, le président du Conseil d'administration de l'ETNO, accueille favorablement les mesures de la Commission. Il rejoint cependant les chefs d'entreprises en disant que le secteur enregistrait des bénéfices à la baisse.

« D'ici 2020, la pénurie d'investissement [dans le secteur des télécommunications] s'élèvera à 170 milliards d'euros. Nous pourrions passer à côté d'opportunités. Nous avons besoin d'une politique industrielle gagnante et de solutions basées sur une déréglementation rapide », affirme Luigi Gambardella.

Selon Ryan Heath, porte-parole de Neelie Kroes, le « règlement du calcul des coûts » fait partie de la proposition qui entrera en vigueur cette semaine, ce qui permettra de générer directement des investissements.

« Les premiers bénéficiaires de ces mesures sont les entreprises de télécommunication. Oui, certains avantages de ce paquet [de mesures] n'apparaitront qu'à long terme, mais les opérateurs historiques sont les premiers à avoir leur part du gâteau. Ils n’ont absolument aucun droit ou aucune raison de se plaindre », ajoute le porte-parole.