Forte hausse du prix de l’électricité d’ici 5 ans?

Selon Les Echos, EDF aurait proposé au gouvernement d’augmenter ses tarifs dans la perspective de l’ouverture du marché à la concurrence. Le ministre de l’Energie a seulement annoncé de “faibles hausses d’ici l’été”.

EURACTIV.fr

Selon Les Echos, EDF aurait proposé au gouvernement d’augmenter ses tarifs dans la perspective de l’ouverture du marché à la concurrence. Le ministre de l’Energie a seulement annoncé de “faibles hausses d’ici l’été”.

En principe, l’objectif de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité est la baisse des prix pour le consommateur. 

En pratique, la question se pose. Selon des informations révélées par le quotidien Les Echos, mercredi 23 mars, EDF aurait proposé au gouvernement un dispositif visant à augmenter les prix de l’électricité pour le consommateur de 5,1 à 6,5% sur cinq ans. C’est-à-dire une hausse d’environ 30% d’ici 2015. 

Le ministre de l’Energie n’a cependant pas confirmé l’information. Lors des questions d’actualité à l’Assembleé nationale, mercredi après-midi, Eric Besson a simplement évoqué de “faibles hausses d’ici l’été”. 

« Le gouvernement s’attachera à la protection du pouvoir d’achat des Français. Nous n’avons que deux préoccupations : la compétitivité de notre industrie, le pouvoir d’achat des Français », a-t-il ajouté.  

Ce débat sur la hausse des tarifs des prix intervient dans le contexte de l’achèvement de la mise en conccurence du marché français. La loi sur la nouvelle ouverture du marché de l’électricité, (Nome) doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain, selon les voeux du ministre. 

Les décrets d’application du texte sont en cours de préparation. Et le gouvernement doit normalement trancher prochainement sur la valeur du prix auquel les concurrents d’EDF pourront acheter l’énergie nucléaire de l’opérateur historique. 

Avant et après Fukushima

Cet accès régulé au nucléaire historique (Arenh), doit permettre une plus grande concurrence entre les anciens et les nouveaux opérateurs sur le marché français. Il sera valable jusqu’en 2025. 

Tout l’enjeu réside dans son prix. Avant la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima, les acteurs du secteur en France étaient divisés en deux camps. D’un côté, EDF revendiquait un prix de 42 euros le mégawattheure (MWh). L’opérateur estimait que seul ce tarif lui permettrait d’investir dans le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires. 

Au contraire, les concurrents indiquaient, jusqu’à présent, qu’au-delà de 35 euros le MWh, l’achat n’était pas rentable pour eux. 

Les évènements de ces dernières semaines à la centrale de Fukushima au Japon ont changé la donne. Pour assurer toute la sécurité du système nucléaire en France, l’investissement dans les centrales françaises est nécessaire, estiment désormais certains opérateurs alternatifs.

“Si l’on veut un système sûr et performant, il nous faut un Arenh de 42 euros, ce n’est pas raisonnable de réclamer un prix de 35 euros. Le consommateur n’aura pas d’autre choix que d’accepter une hausse des prix de l’électricité”, a déclaré Stéphane Courbit, actionnaire de Direct énergie. 

A 42 euros le MWh, l’augmentation des tarifs de l’électricité semble inéluctable.