Franco Frattini : "Une grande coalition entre les partis de Berlusconi et Bersani est possible"
Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères de Silvio Berlusconi, la stabilité politique italienne doit primer par-dessus tout. Réorganiser des élections serait "irresponsable", explique-t-il à Euractiv.
Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères de Silvio Berlusconi, la stabilité politique italienne doit primer par-dessus tout. Réorganiser des élections serait « irresponsable », explique-t-il à Euractiv.
« Aucun homme politique ne peut dire aujourd’hui qui sera le prochain premier ministre ». Mais, « Dieu merci, nous avons un excellent président de la République ». Dans une interview accordée à Euractiv.com, l’ancien ministre des affaires étrangères de Silvio Berlusconi, Franco Frattini, aujourd’hui président de Chambre à la Cour Suprême, s’est montré plus optimiste que la plupart des observateurs.
Les élections générales italiennes des 24 et 25 février ont abouti à une situation bancale, où la gauche dispose de la majorité absolue à la chambre des députés, mais pas au sénat, où aucune majorité claire n’a pu se dégager, laissant présager une Italie « ingouvernable ».
>> Lire : Résultats complets des élections italiennes
Pour Franco Frattini, qui a également été commissaire européen chargé de la Justice et des Affaires intérieures entre 2004 et 2008, une grande coalition réunissant Bersani et Berlusconi pourrait être la meilleure option. Cette alliance des contraires est préférable à de nouvelles élections, qui seraient « le pire scénario ».
« L’Italie est proche du cauchemar, mais elle a les ressources et les solutions pour s’en sortir. Nous sommes proches d’une situation d’incertitude critique où l’Italie et les Italiens seront prêts à réagir », prédit l’ancien ministre qui a participé aux trois derniers gouvernements de Silvio Berlusconi.
Cette élection a été le révélateur de l’exaspération des Italiens à l’égard du système politique, qui se sont massivement réfugiés dans le camp de l’humoriste Beppe Grillo. Le leader du Mouvement 5 étoiles a obtenu 25,6 % des suffrages à la Chambre et 23,8 % des voix au Sénat.
L’immobilisme dans la lutte contre la corruption, le népotisme, les scandales liés au marché public et la corruption au sein des grands partis politiques sont autant d’ « erreurs » qui expliquent « ce résultat imprévu », mais que « nous devons respecter », a déclaré Franco Frattini. « Berlusconi et Bersani ne réprésentent qu’une moitié des votants. » L’autre moitié est composée « de ceux qui ont voté pour Grillo et ceux qui n’ont pas du tout voté », analyse l’ancien commissaire européen.