Frans Timmermans quitte la Commission pour se présenter aux élections néerlandaises

Frans Timmermans quittera la Commission européenne pour se présenter à la tête d’une coalition de gauche entre le Parti travailliste et les Verts lors des élections nationales néerlandaises de novembre, a rapporté le journal De Volkskrant jeudi (20 juillet).

Euractiv.com
Frans Timmermans
Frans Timmermans, qui parle anglais, allemand, français, italien et russe en plus de sa langue maternelle, le néerlandais, est connu pour ses talents de négociateur lors des négociations internationales sur le climat, et son départ de la politique de l’UE provoquera un véritable séisme. [<a href="https://audiovisual.ec.europa.eu/en/photo-details/P-061621~2F00-46" target="_blank" rel="noopener">Source: EC - Audiovisual Service</a>]

Frans Timmermans quittera la Commission européenne pour se présenter à la tête d’une coalition de gauche entre le Parti travailliste et les Verts lors des élections nationales néerlandaises de novembre, a rapporté le journal De Volkskrant jeudi (20 juillet).

M. Timmermans, membre du parti travailliste des Pays-Bas, a informé la Commission de sa décision, selon le quotidien néerlandais De Volkskrant. Le parti travailliste et la gauche écologiste ont décidé d’unir leurs forces lors du vote du 22 novembre, dans le but d’enrayer le déclin du soutien aux partis de gauche.

La Commission a refusé de commenter le rapport qui indique que le responsable politique néerlandais annoncera sa candidature à Maastricht plus tard dans la journée de jeudi.

M. Timmermans, 62 ans, est vice-président de la Commission européenne et responsable du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), un vaste ensemble de politiques relatives au changement climatique et à l’environnement.

Il est également une personnalité bien connue aux Pays-Bas, puisqu’il a été ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2014 dans le précédent gouvernement du Premier ministre sortant, Mark Rutte.

Frans Timmermans avait été pressenti comme un candidat de premier plan pour diriger les partis néerlandais (coalition PvdA-GroenLinks) à la suite de sa campagne pour les sociaux-démocrates européens lors des élections européennes de 2019, qui a largement été considérée comme un succès.

M. Timmermans, qui parle anglais, allemand, français, italien et russe en plus du néerlandais est connu pour ses talents de négociateur. Son départ de l’exécutif européen va donc provoquer un véritable séisme.

Dans un sondage publié jeudi, 39 % des électeurs néerlandais lui ferianet confiance pour diriger le prochain gouvernement néerlandais.

Réactions

Michael Bloss, porte-parole des Verts au Parlement européen pour la politique climatique, a fait l’éloge de M. Timmermans pour son rôle dans l’élaboration du Green Deal.

« Avec l’accession de M. Timmermans à la tête de la coalition PvdA-GroenLinks, la Commission européenne perd le maître d’œuvre visionnaire du Pacte vert. Il s’est battu sans relâche contre le lobby des énergies fossiles et les détracteurs de la protection du climat en Europe. Les succès du Green Deal sont historiques. Il a beaucoup fait pour un avenir plus vert et plus juste. On ne peut que souhaiter la même chose pour les Pays-Bas. »

Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation européenne pour le climat, n’a pas tari d’éloges à l’égard du Néerlandais.

« Frans Timmermans a été une figure clé de la lutte contre le changement climatique, tant au niveau européen avec le Green Deal qu’au niveau international lors des discussions sur les pertes et dommages. Je lui suis reconnaissante pour son travail et son leadership — le Pacte vert pour l’Europe est solide et démontre ses avantages dans la lutte contre le changement climatique. Son héritage se poursuivra avec la Commission pour les citoyens européens. »

Niels Fuglsang, eurodéputé socialiste (S&D) danois, n’a pas tari d’éloges non plus.

« M. Timmermans a lancé le plus grand ensemble de lois sur le climat que le monde ait jamais connu. Il s’agit d’un héritage remarquable qui produira des résultats écologiques pour les décennies à venir. Il sera un excellent candidat pour les Pays-Bas et pourra défendre l’ambition climatique européenne en tant que futur Premier ministre. »

Succession

Le départ de M. Timmermans soulève la question de sa succession à la Commission européenne, où il est à la fois commissaire à l’Action pour le climat et vice-président chargé de superviser le Green Deal.

Si un commissaire européen se présente aux élections nationales, il devrait prendre un « congé » sans avoir à quitter officiellement l’exécutif européen, a déclaré un porte-parole de la Commission lors d’un point de presse régulier jeudi.

Selon lui, si M. Timmermans devait démissionner, un nouveau commissaire de la même nationalité devrait en principe être désigné par le gouvernement néerlandais pour le remplacer, a expliqué le porte-parole.