Friture sur la ligne entre Hollande et Merkel

Le candidat socialiste a de nombreux desseins dans le domaine franco-allemand, mais la chancelière n’est pas pressée de l’écouter. La rencontre, souhaitée par François Hollande avant l’élection présidentielle, est désormais compromise.

EURACTIV.fr
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Le candidat socialiste a de nombreux desseins dans le domaine franco-allemand, mais la chancelière n’est pas pressée de l’écouter. La rencontre, souhaitée par François Hollande avant l’élection présidentielle, est désormais compromise.

Si elle n’a rien révélé de particulier sur la zone euro, l’intervention télévisée franco-allemande du 6 février a tout de même donné du piquant à la campagne de François Hollande.

Depuis des mois, le candidat socialiste martèle son désir de rééquilibrer le tandem avec l’Allemagne, sûr de la forte légitimité dont il jouirait aux yeux du partenaire d’Outre-Rhin, s’il est élu en mai prochain. Il estime que cette assise lui permettrait de renégocier le pacte budgétaire auquel la chancelière allemande tient tant.

Un projet qu’Angela Merkel n’est pas pressée de discuter. Depuis plusieurs semaines, les équipes de François Hollande cherchent en vain à programmer une rencontre avec la chancelière. Interviewée aux côtés de Nicolas Sarkozy, la dirigeante estime que les chefs d’État ont « des choses plus importantes à régler ».

« Parti ami »

L’incident n’est pas courant. En 2007, Ségolène Royal s’était rendue à Berlin pour rencontrer Mme Merkel, laquelle, à l’époque, était restée neutre et n’avait pas pris fait et cause pour Nicolas Sarkozy.

Mais la crise de la zone euro est passée par là et les rencontres bilatérales avec le président français se sont démultipliées. Désormais, la chancelière n’hésite pas à voler au secours de celui qui appartient à un « parti ami ».

En déplacement à Dijon, François Hollande a minimisé la portée du geste de la chancelière, affirmant que seul le soutien des Français comptait à ses yeux. Deux mois et demi séparent le candidat du scrutin. Et ses équipes ne semblent pas vouloir se battre à tout prix pour décrocher un rendez-vous avec Angela Merkel. « C’est à elle de justifier le fait qu’elle ne le reçoive pas », fait-on savoir en interne.

S’il est élu, le député de Corrèze a déjà prévenu que l’Allemagne serait sa toute première destination.