Fusion des droites italiennes et européennes : un vieux serpent de mer ressurgit
Les trois partis de droite, membres de la coalition gouvernementale italienne, pourraient fusionner en un seul et même parti en anticipation des élections européennes de 2024. Un regroupement historique dans l'histoire récente des droites européennes.
Les trois partis de droite, membres de la coalition gouvernementale italienne, pourraient fusionner en un seul et même parti en anticipation des élections européennes de 2024. Un regroupement historique dans l’histoire récente des droites européennes.
Le leader de Forza Italia, Silvio Berlusconi, a de nouveau évoqué la possibilité de former un « parti unique » avec ses deux alliés de droite, la Ligue de l’ancien Premier ministre Matteo Salvini et Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni.
« Notre coalition est unie, crédible, faite de relations loyales entre différentes forces politiques et capable de travailler ensemble depuis presque trente ans. Une coalition qui pourrait un jour devenir un seul et même parti », a écrit M. Berlusconi sur les réseaux sociaux, proposant de suivre le modèle des républicains américains.
Une telle fusion est avant tout un vieux serpent de mer qui agite les droites européennes. En effet, chacun de ces trois partis italiens fait partie d’un groupe parlementaire différent au Parlement européen. Ainsi, Forza Italia est membre du Parti populaire européen (PPE) ; la Lega est bien installée, et préside, le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID), dans lequel se trouve aussi le Rassemblement national (RN) ; tandis que Fratelli d’Italia est depuis les élections européennes de 2019 membre du groupe de droite traditionnelle et chrétienne Conservateurs et Réformistes Européens (CRE), dont Giorgia Meloni est la présidente.
Unifier ces forces au sein d’un seul parti marquerait une petite révolution et donnerait une force de frappe politique majeure à la droite européenne.
Forza Italia et La Lega en baisse de régime
Par le passé, Matteo Salvini et Silvio Berlusconi avaient déjà émis l’idée d’une fusion des droites italiennes. Face à la victoire de Fratelli d’Italia aux élections d’octobre, un tel projet était resté lettre morte, d’autant plus que La Lega et Forza Italia souffraient à l’époque de piètres résultats électoraux.
Une réalité qui ne se dément pas, trois mois plus tard. Selon le sondage YouTrend/Agi Supermedia du 23 décembre 2022, La Lega est à 8,8 % des intentions de vote, tandis que Forza Italia est à 6,4 %. Au contraire, Fratelli d’Italia continue de progresser pour atteindre 30,6 %.
Selon des sources anonymes au sein de Fratelli d’Italia, rapportées par Il Messaggero, si le parti de Mme Meloni « continue à croître ou, en tout cas, n’arrête pas sa course, un processus d’inclusion sera automatique et naturel ».
En Europe, en revanche, l’objectif semble être de s’allier avec les conservateurs et le PPE, dont le garant serait le ministre des Affaires européennes Raffaele Fitto, eurodéputé PPE de longue date. Selon cette stratégie, Identité et Démocratie, jugé trop à droite, serait laissé de côté.
Le parti de Giorgia Meloni viserait à profiter des prochaines élections européennes pour réduire la taille du parti socialiste, fortement affaibli par le scandale du « Qatargate » impliquant plusieurs membres du Parti démocrate italien (PD) à Bruxelles et la vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili, visée par une enquête pour corruption.
« Les principales délégations conservatrices ont et auront des pourcentages très élevés : de Vox en Espagne aux Suédois, sans oublier les Polonais. La prochaine fois, nous serons nombreux à Strasbourg aussi », souligne un membre de Fratelli d’Italia.