Gaza : l’UE « condamne l’utilisation par le Hamas d’hôpitaux et de civils comme boucliers humains »
L’Union européenne a condamné dimanche (12 novembre) « l’utilisation par le Hamas d’hôpitaux et de civils comme boucliers humains » dans la bande de Gaza, tout en appelant Israël à une « retenue maximale » afin de protéger les civils dans la guerre en cours.
L’Union européenne a condamné dimanche (12 novembre) « l’utilisation par le Hamas d’hôpitaux et de civils comme boucliers humains » dans la bande de Gaza, tout en appelant Israël à une « retenue maximale » afin de protéger les civils dans la guerre en cours.
La guerre de Gaza la plus sanglante jamais menée a éclaté après les attaques du Hamas le 7 octobre, qui ont fait environ 1 200 morts, pour la plupart des civils, selon les chiffres du gouvernement israélien.
La riposte implacable d’Israël a fait au moins 11 180 morts, pour la plupart des civils, dont 4 609 enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas.
Cette déclaration commune intervient alors que certains États membres de l’UE sont de plus en plus irrités par l’approche d’Israël.
L’UE « condamne l’utilisation par le Hamas d’hôpitaux et de civils comme boucliers humains » et « est fortement préoccupée par l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza », a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, dans un communiqué.
« Ces hostilités ont de graves conséquences sur les hôpitaux et font payer un lourd tribut aux civils et au personnel médical », a-t-il déploré, soulignant « que le droit humanitaire international stipule que les hôpitaux, les fournitures médicales et les civils à l’intérieur des hôpitaux doivent être protégés ».
« Les hôpitaux doivent également être approvisionnés immédiatement en fournitures médicales les plus urgentes et les patients nécessitant des soins médicaux urgents doivent être évacués en toute sécurité. Dans ce contexte, nous exhortons Israël à faire preuve de la retenue maximale pour assurer la protection des civils », a-t-il poursuivi.
L’appel a été lancé alors que le plus grand centre médical de Gaza, l’hôpital Al-Shifa, était la cible de frappes répétées. Le vice-ministre de la Santé du gouvernement du Hamas a affirmé dimanche à l’AFP qu’une frappe aérienne israélienne y avait « entièrement détruit » le bâtiment du service des maladies cardiaques.
L’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat et l’AFP n’est pas en mesure de confirmer le bombardement, mais au moins un témoin présent dans l’hôpital a confirmé des raids et des dégâts.
Un autre établissement, l’hôpital Al-Quds, a été mis hors service en raison d’un manque de carburant pour les générateurs, a indiqué le Croissant-Rouge palestinien.
Israël nie délibérément ciber les hôpitaux et accuse le Hamas d’utiliser ces installations, ou les tunnels situés sous celles-ci, comme cachettes, ce que le groupe militant islamiste réfute.
« L’UE condamne l’utilisation d’hôpitaux et de civils comme boucliers humains par le Hamas », indique la déclaration.
Le communiqué de M. Borrell réitère la position de Bruxelles selon laquelle Israël a « le droit de se défendre conformément au droit international et au droit humanitaire international ».
Mais l’UE « se joint aux appels en faveur de pauses immédiates dans les hostilités et de l’établissement de couloirs humanitaires » dans la bande de Gaza, continue la déclaration.
Elle appelle en outre le Hamas à libérer les plus de 240 otages capturés lors de son attaque du 7 octobre contre des communautés israéliennes proches de Gaza et juge « crucial » que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ait « accès aux otages ».
Séparément, le responsable de l’aide humanitaire de l’UE, le commissaire chargé de la Gestion des crises Janez Lenarčič, a appelé lundi (13 novembre) à des pauses « significatives » dans les combats à Gaza et à des livraisons urgentes de carburant pour que les hôpitaux puissent continuer à fonctionner sur le territoire.
« Il est urgent de définir et de respecter des pauses humanitaires », a déclaré M. Lenarčič lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union à Bruxelles.
« Comme vous avez pu le constater, plus de la moitié des hôpitaux de la bande de Gaza ont cessé de fonctionner, principalement en raison du manque de carburant, et le carburant fait cruellement défaut », a-t-il souligné.
Les ministres des Affaires étrangères se réunissent ce lundi (13 novembre) pour tenter de trouver un équilibre entre le soutien au droit d’Israël de se défendre et les appels à la protection des civils dans la bande de Gaza.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]