Gaza : l’UE explore la possibilité de réactiver sa mission à Rafah et les étapes diplomatiques à venir
L’UE est prête à réactiver sa mission frontalière autour de la ville assiégée de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE en ont convenu lundi dans le cadre de l’intensification de leurs efforts diplomatiques et humanitaires dans la région.
L’UE est prête à réactiver sa mission frontalière autour de la ville assiégée de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE en ont convenu lundi (27 mai) dans le cadre de l’intensification de leurs efforts diplomatiques et humanitaires dans la région.
La mission d’assistance au poste-frontière de Rafah de l’UE (EUBAM Rafah) pourrait être utilisée pour surveiller le point de passage de l’aide humanitaire en provenance d’Égypte. Cette mission est en suspens depuis que le Hamas a pris le contrôle de toute la bande de Gaza en 2007.
« J’ai le feu vert des ministres des Affaires étrangères de l’UE pour réactiver la mission frontalière de Rafah », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE, à Bruxelles lundi, après la réunion. Toutefois, il a prévenu qu’un tel déploiement nécessitait le soutien de l’Égypte, d’Israël et de l’Autorité palestinienne.
« Nous ne ferons pas cela seuls — nous ne sommes pas une société de sécurité — et nous le ferons avec une compréhension politique claire du rôle [de la mission] », a-t-il précisé.
Ces dernières semaines, le poste-frontière de Rafah a été largement inaccessible après que les forces israéliennes se sont emparées de la partie palestinienne du point de passage au début du mois.
Alors que le gouvernement israélien a affirmé avoir permis à des centaines de camions d’aide humanitaire d’entrer dans la bande de Gaza, les agences des Nations unies ont souligné qu’il y avait un goulot d’étranglement important empêchant l’entrée de l’aide.
Poursuite de l’action militaire
Dans la nuit de dimanche à lundi, des frappes aériennes israéliennes ont tué au moins 45 Palestiniens à Rafah. Des images atroces de tentes de réfugiés en feu, d’enfants décapités et de civils brûlés vifs circulent depuis sur les médias et les réseaux sociaux.
« Horrifié par les informations en provenance de Rafah sur des frappes israéliennes ayant tué des dizaines de personnes déplacées, dont des petits enfants », a affirmé M. Borrell sur X. « Ces attaques doivent cesser immédiatement », a-t-il ajouté.
« Israël poursuit l’action militaire qu’on lui a demandé d’arrêter », a-t-il ajouté à la presse.
Il a fait référence à la Cour internationale de justice (CIJ), l’organe juridique suprême des Nations unies, qui a ordonné à Israël vendredi (24 mai) d’« arrêter immédiatement son offensive militaire, et toute autre action menée dans le gouvernorat de Rafah, qui serait susceptible de soumettre le groupe des Palestiniens de Gaza à des conditions d’existence capables d’entraîner sa destruction physique totale ou partielle ».
Les responsables israéliens ont jusqu’à présent insisté sur le fait qu’ils considéraient l’ordonnance de la CIJ comme permettant de mener certaines opérations terrestres à Rafah, tandis que l’Autorité palestinienne et l’Égypte ont accusé lundi (27 mai) Tel-Aviv de cibler délibérément le centre pour personnes déplacées.
« Les deux camps ne respectent pas les règles », a déclaré M. Borrell, en référence au groupe militant palestinien Hamas qui a également tiré des roquettes sur Tel-Aviv.
Selon le chef de la diplomatie européenne, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont également décidé de demander au Conseil d’association UE-Israël « de discuter de la situation à Gaza et de respecter les droits humains conformément aux obligations qu’Israël a assumées ».
With @JosepBorrellF and the Council of the EU, we have decided to convene an EU-Israel Association Council to assess compliance with the Association Agreement, which contains obligations to respect human rights.
This is a strong signal. (1/2)
— Hadja Lahbib (@hadjalahbib) May 27, 2024
Cette décision fait suite à l’appel conjoint lancé par l’Espagne et l’Irlande au début de l’année, demandant un « réexamen urgent » du respect par Israël de ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de l’accord commercial conclu avec l’Union européenne.
M. Borrell n’a pas précisé quand cette réunion pourrait avoir lieu.
Conférence pour une solution à deux États
Plus tôt dans la journée de lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont rencontré à Bruxelles leurs homologues d’Arabie saoudite, d’Égypte, de Jordanie, du Qatar et des Émirats arabes unis. M. Borrell a indiqué que cette réunion représentait « une véritable discussion politique que je n’avais pas vue au cours des quatre dernières années ».
Les ministres arabes ont présenté leur proposition de plan de paix pour le conflit au Moyen-Orient. Selon M. Borrell, l’une des suggestions est d’envisager la possibilité d’une conférence internationale sur la manière de mettre en œuvre la solution à deux États.
Une telle démarche pourrait éventuellement être fusionnée avec une proposition antérieure faite par les dirigeants de l’UE en octobre dernier, a-t-il ajouté.
Le plan de paix de l’UE pour le Proche-Orient, présenté en janvier, prévoit également la préparation d’une conférence de paix internationale pour négocier un accord visant à garantir la sécurité d’Israël et d’un futur État palestinien.
[Édité par Anna Martino]