Géorgie : le Parquet dit ouvrir une enquête pour « falsification présumée » des législatives

Le Parquet géorgien a annoncé mercredi 30 octobre l’ouverture d’une enquête pour « falsification présumée » des législatives, convoquant la présidente pro-occidentale du pays pour qu’elle détaille ses accusations de fraudes à l’adresse du parti au pouvoir et vainqueur déclaré du scrutin.

EURACTIV France avec AFP
Opposition protest against parliamentary election results near Georgian Parliament in Tbilisi
La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili lors d'une manifestation à Tbilissi, capitale géorgienne, le 28 octobre 2024, contre les résultats des législatives du 26 octobre. [EPA-EFE/DAVID MDZINARISHVILI]

Le Parquet géorgien a annoncé mercredi 30 octobre l’ouverture d’une enquête pour « falsification présumée » des législatives, convoquant la présidente pro-occidentale du pays pour qu’elle détaille ses accusations de fraudes à l’adresse du parti au pouvoir et vainqueur déclaré du scrutin, le Rêve géorgien.

Cette annonce intervient quatre jours après des élections législatives dans cette ancienne république soviétique du Caucase qui ont été entachées « d’irrégularités » selon l’opposition.

Selon les résultats officiels du scrutin, le Rêve géorgien, aux commandes depuis 2012 et accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire prorusse, a remporté la victoire.

« Le Parquet géorgien a ouvert une enquête sur la falsification présumée des élections législatives », a-t-il annoncé dans un communiqué, précisant que la présidente pro-européenne, Salomé Zourabichvili, en rupture avec le gouvernement et critique des résultats, était « convoquée » jeudi 31 octobre pour un entretien sur le sujet.

La cheffe de l’État « est susceptible de détenir des preuves concernant une éventuelle falsification des élections », poursuit le parquet.

Par ailleurs, à la suite des accusations de fraudes, un nouveau comptage partiel des voix a été ordonné dans 14 % des bureaux de vote. Il est en cours depuis mardi midi (29 octobre), sans qu’on n’en connaisse les résultats à ce stade.

L’Union européenne (UE), les États-Unis et des observateurs internationaux ont aussi émis des doutes sur la régularité du scrutin.

Ces derniers jours, Bruxelles et Washington avaient explicitement demandé à Tbilissi d’ouvrir des enquêtes sur ces allégations d’« irrégularités significatives ».

L’opposition, Salomé Zourabichvili en tête, dénonce depuis samedi 26 octobre une élection « volée » et refuse de reconnaître les résultats proclamés par la Commission électorale.

Dans un entretien à l’AFP lundi 28 octobre, la présidente géorgienne avait affirmé qu’un système « sophistiqué » de fraudes suivante « une méthodologie russe » avait permis à Rêve géorgien de remporter, notamment via « des achats de voix » ou encore des « pressions » envers les électeurs.

Le Kremlin a, lui, rejeté des « accusations infondées » et réfuté toute ingérence de la Russie dans le processus électoral en Géorgie.

Voix discordante au sein de l’Union européenne, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, proche de Vladimir Poutine, avait félicité le Rêve géorgien pour sa victoire dans des élections « libres et démocratiques », lors d’une visite lundi et mardi à Tbilissi.

Ce soutien appuyé, le seul parmi les Vingt-Sept, a fait grincer des dents à Bruxelles, au moment où la Hongrie détient la présidence tournante du Conseil de l’UE jusqu’à la fin d’année.

Le Rêve géorgien est accusé par ses opposants d’orienter le pays vers Moscou, et de s’éloigner de l’objectif, inscrit dans la Constitution du pays, de rejoindre l’UE et l’OTAN.