Giorgia Meloni revendique une approche européenne « pragmatique » envers Donald Trump

En amont du Conseil européen les 19 et 20 décembre, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a appelé l’Union européenne (UE) à adopter une approche pragmatique envers l’administration de Donald Trump, et à un rôle plus fort au sein de l’OTAN, à la hauteur de celui de l’Amérique.

EURACTIV Italie
NATO Secretary-General Mark Rutte visits Rome
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni. [ETTORE FERRARI/EPA-EFE]

En amont du Conseil européen les 19 et 20 décembre, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a notamment appelé l’Union européenne (UE) à adopter une approche pragmatique envers l’administration de Donald Trump, et à un rôle plus fort au sein de l’OTAN, à la hauteur de celui de l’Amérique.

Dans son discours devant le parlement italien mardi 17 décembre, Giorgia Meloni a souligné l’importance d’une « approche pragmatique, constructive et ouverte » envers les États-Unis. Elle a suggéré de tirer parti des domaines de coopération entre l’UE et les États-Unis, tout en s’efforçant d’éviter les différends commerciaux qui « nuiraient aux deux parties ».

À la question d’un député de centre gauche (PD/S&D), la Première ministre a répondu qu’elle ne souhaitait pas qualifier le président américain récemment réélu d’« ennemi ».

« S’il y a des inquiétudes concernant les politiques économiques protectionnistes, que nous devons à tout prix éviter, je ne pense pas qu’entamer un dialogue en définissant quelqu’un comme un ennemi aidera à atteindre cet objectif. »

En ce qui concerne la défense européenne, Giorgia Meloni a affirmé la nécessité d’une Europe plus forte et plus autonome dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Selon elle, l’Europe devrait créer un pilier européen au sein de l’OTAN qui correspondrait au pilier américain « en termes de poids et de dignité ».

« Notre engagement envers l’Alliance atlantique reste la pierre angulaire de notre sécurité, mais l’Europe doit viser un rôle plus important en son sein. »

La Première ministre italienne se rendra à Bruxelles mercredi 18 décembre pour le sommet « Weimar Plus » en compagnie des dirigeants français, allemand, polonais, britannique et ukrainien, ainsi qu’avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Giorgia Meloni a également rejeté les affirmations de l’opposition sur l’isolement de l’Italie au sein de l’UE, affirmant que « les faits démontrent le contraire ».

Elle a notamment insisté sur le fait que la nomination de Raffaele Fitto (CRE) à l’un des postes de vice-président exécutif de la Commission, a brisé le cordon sanitaire qui mettait auparavant les Conservateurs et Réformistes européens à l’écart au sein de l’UE.

En ce qui concerne l’accord avec le Mercosur, Giorgia Meloni a souligné que l’Italie ne le soutiendrait pas sans un équilibre adéquat.

« L’Italie voit des opportunités dans l’investissement en Amérique latine, un continent similaire au nôtre qui risque de tomber sous l’influence d’acteurs mondiaux non occidentaux », a-t-elle indiqué.

Toutefois, elle a prévenu que l’accord devait porter sur le secteur agricole, qui « a souvent supporté les coûts les plus élevés parce que d’autres pays n’adhèrent pas aux mêmes normes alimentaires que celles que nous imposons à nos producteurs ».

Devant le parlement national, Giorgia Meloni a également soutenu le nouveau président du Conseil européen, António Costa, louant l’importance qu’il accorde à la rationalisation et à la concrétisation du processus décisionnel.

Au sujet de la Syrie, la dirigeante italienne a qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de « bonne nouvelle », mais s’est dite préoccupée par l’avenir du pays.

« L’Italie, seule nation du G7 à disposer d’une ambassade ouverte à Damas, est prête à s’engager avec les nouveaux dirigeants syriens », a-t-elle annoncé.

Tout en reconnaissant les « premiers signaux encourageants » du nouveau gouvernement syrien, Giorgia Meloni a appelé à la prudence. « Les paroles doivent être suivies d’actes, et nous jugerons les nouvelles autorités sur leurs actes », a-t-elle affirmé.