Giorgia Meloni victime d'un canular téléphonique de la part d'humoristes russes

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a été victime d'un canular téléphonique organisé par des humoristes russes qui lui ont fait croire qu'elle discutait de l'Ukraine et de la politique migratoire de l'UE avec le président de la Commission de l'Union africaine.

Euractiv France
European Council meeting in Brussels
Lors de cet appel, Mme Meloni a déclaré aux farceurs que la contre-offensive de Kiev « ne se déroule pas comme prévu et n'a pas changé le destin du conflit », ajoutant qu'« il y a beaucoup de fatigue de part et d'autre, et [que] le moment approche où tout le monde comprendra que nous avons besoin d'une issue ». [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a été victime d’un canular téléphonique organisé par des humoristes russes qui lui ont fait croire qu’elle discutait de l’Ukraine et de la politique migratoire de l’UE avec le président de la Commission de l’Union africaine, a déclaré le bureau de la Première ministre dans un communiqué officiel mercredi (1er novembre).

Un enregistrement de l’appel fictif, orchestré le 18 septembre par le duo d’humoristes russes Vovan et Lexus, a été publié sur la plateforme en ligne Rumble. Les deux se faisaient passer pour un homme politique africain.

Lors de cet appel, Mme Meloni a déclaré que la contre-offensive de Kiev « ne se déroule pas comme prévu et n’a pas changé le destin du conflit », ajoutant qu’« il y a beaucoup de fatigue de part et d’autre, et [que] le moment approche où tout le monde comprendra que nous avons besoin d’une issue ».

Mme Meloni a également critiqué Bruxelles pour avoir « laissé l’Italie seule » alors qu’elle a récemment fait face à un nombre record d’arrivées de migrants via l’île de Lampedusa au début du mois de septembre.

En réaction à ce canular téléphonique, le Palazzo Chigi, le bureau de la Première ministre, a exprimé ses « regrets » pour cet appel téléphonique « piégé », alors que Mme Meloni tentait de renforcer les relations avec les dirigeants africains en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’est tenue du 19 au 21 septembre.

« Le bureau du conseiller diplomatique de la Première ministre regrette d’avoir été induit en erreur par un imposteur qui s’est fait passer pour le président de la Commission de l’Union africaine et qui a été mis en contact téléphonique avec la Première ministre, Mme Meloni », indique la note.

Des sources gouvernementales ont ajouté que malgré la tentative de lui faire prononcer des phrases « gênantes », Mme Meloni a réitéré les positions du gouvernement, bien que sur un ton courtois, typique des entretiens avec des représentants d’institutions étrangères, telles que la Commission de l’Union africaine.

Malgré les provocations, Mme Meloni a confirmé son soutien total à l’Ukraine et aux politiques italiennes de lutte contre l’immigration clandestine, ont ajouté les mêmes sources.

Toutefois, l’opposition a émis de vives critiques, en particulier le chef de file d’Italia Viva et ancien premier ministre Matteo Renzi, qui a parlé d’un « fiasco » pour l’Italie et pour Mme Meloni.

« Ayant travaillé quelques années à Chigi, je me demande comment il est possible d’atteindre un niveau de superficialité aussi dévastateur […] Assez, amateurs », a écrit M. Renzi sur les réseaux sociaux, demandant à la Première ministre d’« en finir avec [son] victimisme cosmique ».

Mais Mme Meloni n’est pas la première à avoir été piégée par les mêmes humoristes russes.

Dans une vidéo diffusée à la télévision russe en avril, on peut entendre le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, parler à une personne qu’il pensait être le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

« M. Powell a participé à une conversation en janvier avec quelqu’un qui s’est présenté comme le président ukrainien. Il s’agissait d’une conversation amicale dans le cadre de notre soutien au peuple ukrainien en ces temps difficiles. Aucune information secrète ou confidentielle n’a été discutée », avait alors confirmé un porte-parole de la Réserve fédérale dans une note.