Gouvernement allemand : les sociaux-démocrates nomment leurs ministres
Le Parti social-démocrate a nommé lundi 5 mai ses ministres pour le prochain gouvernement allemand. Qui sont les sept ministres sociaux-démocrates – quatre femmes et trois hommes – qui feront partie du cabinet dirigé par Friedrich Merz ?
Le Parti social-démocrate (SPD) a nommé lundi 5 mai ses ministres pour le prochain gouvernement allemand. Qui sont les sept ministres sociaux-démocrates – quatre femmes et trois hommes – qui feront partie du cabinet dirigé par Friedrich Merz ?
Après le gouvernement de feu tricolore mené par Olaf Scholz (SPD) et composé des sociaux-démocrates, des libéraux (FDP) et des Verts, le prochain gouvernement est composé des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et des sociaux-démocrates.
Lars Klingbeil, coprésident du SPD, a réussi à s’assurer les postes de vice-chancelier et de ministre des Finances. En revanche, Hubertus Heil, ancien ministre du Travail d’Olaf Scholz, ainsi que Svenja Schulze, ancienne ministre du Développement, ont été écartés.
L’autre coprésidente du SPD, Saskia Esken, qui est plutôt impopulaire, n’a pas obtenu de ministère, ce qui remet en question son avenir à la tête du parti.
Le seul rescapé du cabinet Scholz est le ministre de la Défense Boris Pistorius, ministre de la Défense, qui conserve son poste et reste une figure populaire.
Le SPD enverra quatre femmes et trois hommes au cabinet de Friedrich Merz (Union chrétien-démocrate, CDU), confirmé comme nouveau chancelier par le parlement allemand ce mardi à 9 heures. Ce dernier a catégoriquement refusé de s’engager en faveur de la parité hommes-femmes, contrairement à ce qu’avait fait le cabinet Scholz.
Ainsi, le SPD enverra quatre femmes et trois hommes au cabinet de Friedrich Merz, qui sera confirmé comme nouveau chancelier par le parlement allemand mardi à 9 heures.
Friedrich Merz, un chrétien-démocrate (Union chrétien-démocrate, CDU), avait catégoriquement refusé de s’engager en faveur de la parité hommes-femmes comme ce fut le cas pour le cabinet Scholz.
Les deux partenaires de la coalition du SPD – la CDU et leurs alliés bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU) – ont nommé leurs ministres la semaine dernière. Ils dirigeront respectivement sept et trois ministères. Le SPD obtient également deux ministres délégués.
Alors qu’Olaf Scholz a fait ses adieux lundi soir lors de la traditionnelle cérémonie des forces armées du pays, voici un tour d’horizon de la nouvelle équipe du SPD.
Ministre des Finances : Lars Klingbeil
Lars Klingbeil, coprésident du SPD, est un expert en réseautage et un orateur aguerri, comme l’ont montré ses nombreuses apparitions dans des talk-shows. En tant que secrétaire général et numéro deux du parti, il a joué un rôle clé dans la campagne qui a permis à Olaf Scholz de devenir chancelier en 2021.
Il est ensuite devenu co-président du parti, un poste qu’il a occupé durant la défaite électorale historique de cette année. Bien qu’il soit considéré comme « l’un des architectes » de cet échec, Lars Klingbeil a toutefois réussi à utiliser ses réseaux pour remplacer Olaf Scholz en tant que figure de proue du SPD.
Il a peu d’expérience en matière de politique budgétaire, ayant précédemment travaillé sur des questions étrangères, de défense et numériques. Mais il se retrouve à la tête de ce ministère central si le SPD veut mettre en œuvre ses priorités, telles que la protection des emplois industriels et des retraites.
Lars Klingbeil sera également chargé de distribuer les fonds du nouveau fonds d’infrastructure allemand de 500 milliards d’euros et de superviser les négociations sur le budget 2028-2034 de l’UE du côté allemand. Il devra toutefois combler un déficit budgétaire d’un milliard d’euros hérité du gouvernement précédent.
Boris Pistorius reste à la Défense
Boris Pistorius a pris la tête du ministère de la Défense au moment où la Russie envahissait l’Ukraine, et il a réussi à redresser un département en manque de financement. Grâce à son langage direct et sa communication authentique, il est devenu l’un des hommes politiques les plus populaires du pays.
Alors que certains membres du SPD avaient envisagé de remplacer Olaf Scholz par Boris Pistorius lors des élections, ce dernier a choisi de refuser la proposition. En conservant son poste de ministre de la Défense, il assure la continuité des relations avec son homologue français, Sébastien Lecornu, et poursuit ses efforts pour renforcer les relations bilatérales dans le domaine de la défense.
Boris Pistorius est également connu pour sa position ferme sur l’Ukraine et sa volonté de préparer l’Allemagne à la guerre.
La récente réforme de la règle du frein à l’endettement pourrait lui donner les moyens nécessaires pour renforcer les forces armées du pays.
Bärbel Bas prend la tête du ministère du Travail
Présidente du Bundestag, la deuxième plus haute fonction politique du pays, Bärbel Bas a acquis une solide notoriété ces dernières années. Son entrée au gouvernement en tant que ministre du Travail marque l’émergence d’une nouvelle figure de proue au sein du SPD, tandis que la co-dirigeante Saskia Esken semble sur le départ.
Fille d’un chauffeur de bus, Bärbel Bas a quitté l’école avec le diplôme le plus bas et a commencé à travailler comme soudeuse. Elle a progressivement gravi les échelons grâce à plusieurs stages, pour finalement diriger le service d’assurance maladie de son entreprise. Elle est députée depuis 2009 et spécialisée dans la politique sociale et sanitaire.
Ministre de la Justice : Stefanie Hubig
L’une des nombreuses surprises parmi les choix du cabinet SPD, Stefanie Hubig était quasiment inconnue à l’échelle nationale avant sa nomination.
Ancienne ministre de l’Éducation en Rhénanie-Palatinat, elle se voit désormais confier le ministère de la Justice, avec des responsabilités clés telles que la modernisation de la bureaucratie allemande et la protection des institutions démocratiques, un processus lancé par son prédécesseur Marco Buschmann.
Reem Alabali-Radovan à la Coopération économique et au Développement
Ancienne commissaire fédérale à la migration, aux réfugiés et à l’intégration ainsi qu’à la lutte contre le racisme, cette fille de réfugiés irakiens reste très discrète. Elle se verra confier un ministère qui devait être supprimé lors des négociations de coalition, et la protection de l’aide étrangère contre les coupes budgétaires prévues restera un combat difficile.
Ministre de l’Environnement et du Climat : Carsten Schneider
Le nouveau ministre de l’Environnement est l’un des députés les plus expérimentés, puisqu’il siège au parlement depuis 1998. Sous Olaf Scholz, il était ministre délégué chargé des régions de l’ancienne Allemagne de l’Est.
Le dossier de l’environnement va gagner en importance au cours de ce mandat, puisqu’il a récupéré le portefeuille du climat, qui relevait auparavant du ministère de l’Économie.
Carsten Schneider sera chargé de canaliser une partie des 500 milliards d’euros du fonds pour les infrastructures vers des projets visant la neutralité carbone.
Ministre du Logement : Verena Hubertz
Verena Hubertz a supervisé les portefeuilles de l’économie, du logement, du tourisme, du climat et de l’énergie en tant que membre de la direction parlementaire du SPD.
Elle hérite d’une tâche difficile de son prédécesseur du SPD, un fidèle d’Olaf Scholz, qui n’a pas réussi à atteindre l’objectif ambitieux de construire 400 000 logements par an.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]