Grèce : Alexis Tsipras quitte la direction du parti de gauche SYRIZA
Après une lourde défaite aux élections législatives nationales, Alexis Tsipras, l’ancien Premier ministre grec et chef du principal parti d’opposition Syriza, a annoncé qu’il quittait la présidence du parti jeudi (29 juin).
Après une lourde défaite aux élections législatives nationales, Alexis Tsipras, l’ancien Premier ministre grec (2015-2019) et chef du principal parti d’opposition SYRIZA (Gauche européenne), a annoncé qu’il quittait la présidence du parti jeudi (29 juin) et qu’il ne se représenterait pas.
« Nous ouvrons un nouveau cycle historique », a déclaré M. Tsipras.
« J’ai décidé de proposer l’élection d’une nouvelle direction par les membres du parti, comme le prévoient les statuts. Je ne serai pas candidat, mais je serai présent avant, pendant et après le processus », a indiqué le dirigeant de gauche.
SYRIZA a été largement battu par le parti conservateur Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen, PPE) au second tour des élections grecques la semaine dernière, obtenant 48 sièges sur les 300 que compte le parlement.
Après les élections, les analystes ont suggéré que le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis, qui a été reconduit dans ses fonctions et qui dispose de 158 députés au parlement grec, n’a pas de véritable opposition, étant donné qu’en plus de l’effondrement de SYRIZA, les socialistes, qui se sont classés troisièmes, n’ont obtenu que 32 sièges.
M. Tsipras a appelé les membres de SYRIZA à accélérer les choses « sans délai » avant les élections régionales et locales prévues à l’automne.
Un nouveau cycle pour SYRIZA
« Un cycle a été bouclé et SYRIZA doit en ouvrir un autre, plus porteur d’espoir », a affirmé M. Tsipras, remerciant les Grecs de l’avoir élu « premier Premier ministre de gauche de la Grèce » en 2015.
Il a expliqué qu’il fallait « inventer » un nouveau SYRIZA qui comprendrait les nouveaux défis et répondrait aux nouvelles attentes.
Depuis qu’il a pris la tête de SYRIZA, M. Tsipras a tenté de transformer le parti en une alliance progressiste, en envisageant la possibilité d’unir ses forces à celles des socialistes. Cependant, les socialistes et d’autres forces politiques potentielles du front « progressiste » ont rejeté une telle alliance.
Au sein de son parti, M. Tsipras a également dû faire face à des réticences concernant sa tentative de rapprochement avec les socialistes, en particulier de la part de la faction d’extrême gauche de son parti.
Selon des rumeurs à Athènes, les anciens ministres Alexis Charitsis et Efi Achtsioglou, tous deux proches alliés de M. Tsipras, sont très susceptibles de se présenter à la direction du parti.
Parmi ses principales réalisations lorsqu’il a été à la tête du pays, on peut citer la sortie de la Grèce du programme de sauvetage imposé par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI), après des années de crise économique.
Une autre de ses réalisations a été l’accord de Prespa, un accord clé dans la résolution du conflit gréco-macédonien qui a également entraîné le changement de nom de la Macédoine du Nord. Cet accord a mis fin à deux décennies de tensions entre les voisins des Balkans et a permis à Skopje de relancer sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]