Grèce : un nouveau venu remporte le premier tour des élections du parti de gauche SYRIZA
Stefanos Kasselakis, le dernier à s’être lancé dans la course à la direction du parti de gauche Syriza, a remporté le premier tour des élections internes dimanche. Un second tour est prévu la semaine prochaine, sur fond de « guerre idéologique » au sein du parti.
Stefanos Kasselakis, un homme d’affaires de 35 ans, le dernier à s’être lancé dans la course à la direction du parti de gauche SYRIZA, principal parti d’opposition grec, a remporté le premier tour des élections internes dimanche (16 septembre) avec 45 % des voix. Un second tour, décisif, est prévu la semaine prochaine, sur fond de « guerre idéologique » au sein du parti, qui ne devrait que s’intensifier.
La participation massive aux élections de SYRIZA (La Gauche européenne) a été un « soulagement » après la défaite du parti lors des dernières élections en juillet, lorsque le parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen), l’avait emporté avec 41 % des voix.
Plus de 145 000 personnes ont participé aux élections, et on estime qu’environ 40 000 d’entre elles étaient de nouveaux membres.
« Un premier pas a été fait pour que le pays ait bientôt un gouvernement progressiste », a déclaré M. Kasselakis après l’annonce des résultats.
M. Kasselakis, citoyen grec résidant à Miami, aux États-Unis, est arrivé en tête avec 45 % des voix. Il est suivi d’Efi Achtsioglou, qui a obtenu 36,2 %, d’Euclide Tsakalotos (8,78 %), de Nikos Pappas (8,7 %) et de Stefanos Tzoumakas (1,3 %).
Un second tour est prévu dimanche prochain (24 septembre), où tout se jouera entre Stafenos Kasselakis et Efi Achtsioglou. La victoire de l’un ou de l’autre dépendra du soutien apporté par les autres candidats.
Cette élection fait suite à la démission le 29 juin dernier de l’ancien leader de SYRIZA et Premier ministre du pays, Alexis Tsipras.
M. Kasselakis est entré dans la course à la dernière minute et, grâce à une campagne bien organisée sur les réseaux sociaux, il est parvenu à éclipser les autres candidats en l’espace d’un week-end.
Divisions internes
Plusieurs médias grecs ont rapporté qu’une victoire de M. Kasselakis pourrait conduire à une division de SYRIZA, étant donné que plusieurs figures traditionnelles de la gauche le considèrent comme un « corps étranger » au sein du parti.
Les critiques suggèrent également que le fait qu’il ne soit pas membre du parlement grec pourrait constituer un obstacle dans la lutte contre la Nouvelle Démocratie au pouvoir.
En outre, ils lui reprochent d’être un « inconnu » de la politique grecque, sa seule expérience étant la politique américaine. En effet, M. Kasselakis a travaillé bénévolement pour le sénateur Joe Biden lors de l’élection présidentielle de 2008.
Cependant, pour d’autres, M. Kasselakis représente l’élément « nouveau » dont SYRIZA a besoin pour se relever et affronter le parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie.
Pourtant, son profil libéral n’est pas passé inaperçu auprès du gouvernement, étant donné qu’actuellement, seul le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s’est emparé de l’espace « libéral » de l’échiquier politique grec.
Des personnalités bien connues de SYRIZA ont souligné qu’avec M. Kasselakis, le parti de gauche atteindra un public plus large, et pas seulement le strict électorat traditionnel de gauche.
Sa participation aux élections aurait, selon certaines estimations, attiré des milliers de nouveaux membres.
Le mandat de l’ancien dirigeant du parti, M. Tsipras, a également été marqué par la volonté de rompre les liens avec la gauche traditionnelle « rétrograde », et nombreux ont fait pression sur lui pour qu’il « modernise » le groupe.
SYRIZA est affilié au parti de la gauche européenne (PGE). Cependant, M. Tsipras participait en tant qu’observateur aux réunions des socialistes européens, dont le membre officiel en Grèce est le Mouvement socialiste panhellénique grec (PASOK).
Le flirt politique entre M. Tsipras et les socialistes européens dure depuis des années, des responsables politiques socialistes tels que le Premier ministre portugais Antonio Costa le soutenant ouvertement.
Les critiques suggèrent que le résultat de dimanche prochain devrait déterminer, dans une large mesure, l’orientation politique du parti.
[Édité Anne-Sophie Gayet]