Guerre en Ukraine : l'UE va évacuer en priorité les enfants malades

Les ministres européens de la Santé se sont réunis mardi (15 mars) en visioconférence afin d’apporter une réponse coordonnée des 27 face à l’urgence sanitaire en Ukraine. Les enfants nécessitant des soins d’urgence seront évacués les premiers.

Euractiv France
Help point from Ukraine in Krakow
En Ukraine, 80% des enfants sont vaccinés contre la polio selon le Centre de santé publique ukrainien, ce qui reste insuffisant pour atteindre l’immunité.  [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate?EVENT=WEBSHOP_SEARCH&SEARCHMODE=NEW&SEARCHTXT1=border%20ukraine%20russia" target="_blank" rel="noopener">UKASZ GAGULSKI/EPA</a>]

Les ministres européens de la Santé se sont réunis mardi (15 mars) en visioconférence afin d’apporter une réponse coordonnée des 27 face à l’urgence sanitaire en Ukraine. Les enfants nécessitant des soins d’urgence seront évacués les premiers. 

Alors que le conflit s’intensifie de jour en jour en Ukraine, les ministres européens de la Santé souhaitent une « coopération sanitaire qui soit la plus efficace possible », notamment en prenant en charge les enfants malades. 

« Il faut organiser la continuité des soins pour les réfugiés, en particulier pour les enfants », a déclaré le ministre français de la Santé Olivier Véran. 

En France, les Agences régionales de santé (ARS) vont recenser les capacités d’accueil, notamment dans les services de pédiatrie et dans le médico-social. 

« Nous sommes en train de formuler une première proposition pour faciliter les évacuations notamment des enfants atteints de cancer, nous sommes en discussion avec Kiev et la Pologne », a déclaré Olivier Véran précisant que les premiers transferts pourraient se faire d’ici la fin de la semaine.

« La guerre affecte leur santé mentale et physique. Il faut accorder une grande importance aux soins psychiques et psychologiques et faire le maximum pour qu’ils puissent rester avec leurs proches », a-t-il complété. 

La DG santé à la Commission Stella Kyriakides a, de son côté, évoqué la vaccination des plus jeunes. En Ukraine, 80% des enfants sont vaccinés contre la polio selon le Centre de santé publique ukrainien, ce qui reste insuffisant pour atteindre l’immunité. 

L’UNICEF avait révélé le 5 mars dernier qu’une épidémie de polio sévissait en Ukraine avant le début du conflit, entrainant une campagne de vaccination massive. Mais Philippe Cori, le directeur adjoint de l’UNICEF pour l’Europe, s’était dit très « inquiet », car « sans électricité, nous ne pouvons pas vacciner ». 

« Les enfants recevront une couverture vaccinale via l’agence HERA contre des maladies comme la tuberculose et la polio », a déclaré Mme Kyriakides, qui est « en lien avec l’industrie et les associations de médecins et d’infirmiers ». 

La question de la vaccination contre chez les adultes a également été abordée les ministres et Mme Kyriakides . « L’Ukraine a des taux plus faibles contre les maladies infectieuses comme la rougeole », a révélé cette dernière. 

Le taux de vaccination contre la Covid est également faible. Avant le début de la guerre, seuls 33% de la population était vaccinée, selon Stella Kyriakides. Lors de la réunion, les 27 ont confirmé qu’ils avaient suffisamment de doses pour proposer aux réfugiés de se faire vacciner.

Mais pour Olivier Véran, l’urgence n’est pas là. « Le défi en termes de santé n’est pas l’accroissement des taux de Covid, mais la nécessité pour ces réfugiés de recevoir les soins nécessaires ».  

M. Véran a par ailleurs précisé qu’aucun réfugié ne serait refoulé aux frontières si’l n’est pas vacciné.

Transfert de malades entre les États  

Les ministres se sont félicités de la réponse « unie et solidaire » de l’UE sur le plan sanitaire en Ukraine. « Des dizaines de tonnes de médicaments, de tentes, et de matériel médical ont été envoyés. Nous avons aussi mis en place l’évacuation de malades et blessés de guerre », a commenté Olivier Véran. 

Mais, ils ont admis qu’il fallait aller plus loin, notamment en transférant les malades et blessés de guerre dans les différents hôpitaux européens. Pour repartir au mieux les malades, les 27 ont « unanimement » demandé que leurs besoins soient évalués avant leur transfert.

« 10 000 lits d’hôpitaux dans les États membres vont recevoir des patients ukrainiens », a déclaré Stella Kyriakides, précisant que de premiers patients avaient déjà été transférés « de la Pologne à l’Italie ».

Le but est non seulement d’évacuer des civils ukrainiens mais aussi de soulager les services de santé des pays limitrophes de l’Ukraine, déjà affaiblis par la crise de Covid-19. 

Sur les trois millions d’Ukrainiens qui ont fui la guerre depuis le 24 février, 1,79 million a trouvé refuge en Pologne, selon les chiffres du Haut Commissariat aux réfugiés datant de mardi (15 mars).

La Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe, a accueilli de son côté 100 000 Ukrainiens jusqu’à aujourd’hui, un nombre conséquent pour ce pays de 2,6 millions d’habitants. 

« La Moldavie est, bien sûr, également le pays aux ressources les plus limitées, et nous avons absolument besoin d’une aide financière et d’une assistance humanitaire pour pouvoir soutenir ce flux de réfugiés », a déclaré la Première ministre moldave Mariana Turcani qualifiant la situation de « crise humanitaire massive ».

406 civils seraient décédés au 6 mars 2022, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) depuis le début du conflit. Parmi eux, 27 enfants. 

Mais « le  bilan réel est sûrement bien plus lourd. Il y a des informations à vérifier », selon Olivier Véran, ajoutant qu’il était « peu probable » que le conflit s’achève prochainement.