Hausse des prix : le Royaume-Uni dévoile un plan énergétique axé sur l’éolien et le nucléaire

Le Royaume-Uni prévoit d’intensifier considérablement son utilisation de l’énergie éolienne et nucléaire afin de réduire sa dépendance à l’égard des importations de pétrole et de gaz, selon la nouvelle stratégie énergétique du gouvernement publiée jeudi 7 avril.

EURACTIV.com
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Les nouveaux plans répondent à l’impact de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur l’approvisionnement en gaz et les prix du marché de l’énergie en Europe. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/largest-wind-farm-installation-vessel-world-1066517351" target="_blank" rel="noopener">iweta0077 / Shutterstock</a>]

Le Royaume-Uni prévoit d’intensifier considérablement son utilisation de l’énergie éolienne et nucléaire afin de réduire sa dépendance à l’égard des importations de pétrole et de gaz, selon la nouvelle stratégie énergétique du gouvernement publiée jeudi 7 avril.

Cette stratégie, qui vise à renforcer l’indépendance énergétique du Royaume-Uni et à lutter contre la hausse des factures d’électricité, prévoit que jusqu’à 95 % de l’électricité du pays proviendrait de sources renouvelables ou à faible teneur en carbone d’ici 2030.

Les nouveaux plans répondent à l’impact de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur l’approvisionnement en gaz et les prix du marché de l’énergie en Europe. Ces événements ont déjà incité une série de pays de l’UE à revoir leurs plans pour leur approvisionnement et leur production énergétiques futurs.

Dans ce contexte, les ministres ont fixé pour objectif de produire jusqu’à 50 gigawatts (GW) d’énergie grâce à des parcs éoliens en mer, ce qui, selon le gouvernement, serait plus que suffisant pour alimenter chaque foyer britannique.

Ils veulent également réorganiser les lois de planification pour accélérer le développement des parcs éoliens et réduire les délais d’approbation, ce qui constitue souvent une pierre d’achoppement pour l’industrie éolienne.

Toutefois, cette question divise depuis longtemps le parti conservateur au pouvoir, dont de nombreux membres sont profondément sceptiques à l’égard des parcs éoliens.

Un nouvel organisme, baptisé Great British Nuclear, sera également créé pour piloter les projets de construction de huit réacteurs nucléaires supplémentaires sur les sites existants d’ici 2030. L’objectif est que le nucléaire fournisse 25 % de la demande d’électricité prévue au Royaume-Uni d’ici à 2050, ce qui équivaut à 24 GW d’électricité.

Cependant, les politiciens de l’opposition et les organisations de la société civile se sont plaints du fait que le projet du gouvernement britannique ne contient que peu d’informations sur l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les foyers et ailleurs.

En revanche, le plan de la Commission européenne visant à s’affranchir de l’énergie russe mettait l’accent sur les mesures d’efficacité énergétique, comme la baisse des thermostats de 1 °C, qui, selon l’Agence internationale de l’énergie, permettrait d’économiser 10 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Renforcer l’indépendance énergétique

Le Royaume-Uni n’importe que 4 % de son gaz de Russie, ce qui le rend beaucoup moins dépendant des combustibles fossiles russes que de nombreux pays de l’UE. Toutefois, il reste très vulnérable aux fluctuations du marché du gaz. Les Britanniques sont déjà confrontés à de fortes augmentations des prix de l’énergie, de l’ordre de 50 %, depuis le début du mois d’avril.

Afin d’accroître l’approvisionnement énergétique du Royaume-Uni, les ministres lanceront cet été un nouveau cycle d’octroi de licences pour les projets d’extraction de gaz en mer du Nord. Actuellement, près de la moitié des besoins en gaz du Royaume-Uni sont couverts par la production nationale en mer du Nord, tandis qu’un autre tiers provient de Norvège.

S’exprimant à la centrale nucléaire de Hinkley Point C, le Premier ministre Boris Johnson a déclaré que la stratégie visait à «  corriger les erreurs du passé et à s’assurer que nous sommes bien préparés pour l’avenir  ».

«  L’augmentation des énergies renouvelables bon marché et du nouveau nucléaire, tout en maximisant la production de la mer du Nord, est la meilleure et la seule façon d’assurer notre indépendance énergétique dans les années à venir  », a déclaré le ministre du Commerce Kwasi Kwarteng.

Toutefois, M. Kwarteng a admis que le plan du gouvernement n’entraînerait pas de sitôt une baisse de la facture énergétique des consommateurs et que la «  stratégie est plutôt une réponse à moyen terme, sur trois, quatre ou cinq ans  ».

Le leader du parti travailliste Keir Starmer a qualifié la stratégie de «  liste bricolée de choses qui auraient pu et dû être faites au cours des 10 à 12 dernières années  » et de «  trop peu, trop tard  ».