Herman Van Rompuy prend le relais dans la crise de la zone euro
En l’absence de Bruxelles du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, cette semaine (5-11 septembre) verra le président du Conseil, Herman Van Rompuy, exercer sa propre activité diplomatique pour gérer la crise de la zone euro.
En l’absence de Bruxelles du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, cette semaine (5-11 septembre) verra le président du Conseil, Herman Van Rompuy, exercer sa propre activité diplomatique pour gérer la crise de la zone euro.
Alors que la Cour constitutionnelle allemande devrait rendre un jugement qui pourrait entraver les prochains sauvetages de pays touchés par la crise tels que la Grèce, M. Barroso se rendra cette semaine en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Singapour (5-9 septembre).
Ces visites officielles surviennent alors que la Banque centrale européenne, déjà divisée quant à son intervention sur le marché des obligations pour protéger l'Italie, doit revoir son programme. Dans le même temps, la Grèce saura si elle s'est montrée suffisamment convaincante auprès des investisseurs privés, afin qu'ils prennent part à un échange d'obligations visant à réduire ses 340 milliards d'euros de dettes.
En arrivant en Australie, M. Barroso a insisté sur le fait que les décideurs européens faisaient tout leur possible pour résoudre la crise. « Je vais être clair. L'Union européenne et l'euro sont forts et résistants. Nous faisons tout ce qu'il faut », a-t-il déclaré, cité par Reuters aujourd'hui (5 septembre), après un entretien avec la première ministre, Julia Gillard.
Mercredi, la cour constitutionnelle allemande doit rendre sa décision quant aux plaintes déposées contre Berlin pour avoir enfreint la loi nationale et les traités européens en contribuant aux sauvetages de plusieurs milliards d'euros de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.
Les experts juridiques pensent qu'il est peu probable que la cour bloque purement et simplement les contributions. Elle devrait cependant octroyer au Bundestag, le parlement allemand, plus de poids dans leur approbation.
La décision de la cour est loin d'être l'unique obstacle à se mettre en travers de la réforme du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le gouvernement finlandais demande des garanties de la part de la Grèce, une condition préalable pour accepter de sauver une seconde fois Athènes de la faillite.
L'Etat finlandais doit contribuer à hauteur de 1,4 milliard d’euros aux 109 milliards du plan de sauvetage européen de la Grèce ; en échange, Helsinki souhaite qu'Athènes dépose quelque 500 millions d'euros sur un compte séquestre. Dans un tel contexte, d'autres pays de la zone euro pourraient également demander des garanties, ce qui pourrait potentiellement faire échouer le plan de sauvetage.
Herman Van Rompuy est en visite à Helsinki aujourd'hui, où il doit rencontrer le premier ministre, Jyrki Katainen. Il se rendra ensuite à Berlin, afin de discuter de la situation avec la chancelière allemande, Angela Merkel.
Pendant ce temps, la Grèce laisse jusqu’à vendredi après-midi aux banques européennes pour exprimer leur intérêt envers des échanges d'obligations ; elles devront s'engager d'ici mi-octobre.
Athènes demande que 135 milliards d'euros d'encours obligataires soient échangés ou renouvelés, ce qui ce correspond à un taux de participation de 90 %, selon Reuters. Athènes a annoncé que l'ensemble du programme, voire son projet de recevoir un second sauvetage international, seraient menacés si cet objectif n'était pas atteint.
Cependant, la participation à l’échange de titres de dette serait-elle totale, les analystes pensent que même associée à d'autres mesures prévues, elle ne ferait baisser le ratio de la dette grecque qu’à environ 120 ou 130 % de son produit intérieur brut dans les prochaines années, contre plus de 150 % actuellement. Une nouvelle restructuration de la dette, encore plus douloureuse, pourrait donc bien poindre à l’horizon.