Huit États membres appellent à une refonte de la politique de l’UE à l’égard de la Syrie
Huit États membres demandent à l’UE de « revoir et d’évaluer » son approche vis-à-vis de la Syrie en amont d’une discussion sur la situation au Moyen-Orient entre les ministres des Affaires étrangères ce lundi (22 juillet).
Huit États membres demandent à l’UE de « revoir et d’évaluer » son approche vis-à-vis de la Syrie en amont d’une discussion sur la situation au Moyen-Orient entre les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ce lundi (22 juillet), selon une lettre consultée par Euractiv.
« Notre objectif est de mettre en place une politique à l’égard de la Syrie plus active, axée sur les résultats et opérationnelle », ont écrit les ministres des Affaires étrangères de l’Autriche, de la Croatie, de Chypre, de la République tchèque, de la Grèce, de l’Italie, de la Slovaquie et de la Slovénie dans une lettre adressée à Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE.
« Cela nous permettrait d’accroître notre influence politique [et] l’efficacité de notre aide humanitaire », précisent-ils.
Treize ans après le début du conflit en Syrie, le président Bachar el-Assad est encore au pouvoir dans de nombreuses régions du pays, et ce grâce à l’aide de la présence militaire de la Russie et des milices chiites de l’Iran.
L’Union européenne a imposé plusieurs séries de sanctions au régime Assad et rompu ses relations officielles avec la capitale syrienne, Damas.
Dans leur lettre, les ministres proposent dix points qui devraient être discutés « ouvertement et sans préjugés », décrits dans un document officieux distinct.
Ils proposent ainsi un échange stratégique avec les partenaires arabes, la poursuite du développement de la stratégie européenne de redressement rapide, une discussion sur les sanctions — plus particulièrement la gestion des répercussions involontaires de celles-ci (notamment sur la population syrienne) —, et la création de conditions propices au retour des migrants en Syrie.
Les ministres évoquent également la création d’un poste de délégué UE-Syrie, chargé de rétablir la collaboration avec l’ambassadeur syrien à Bruxelles et d’assurer la liaison avec les acteurs syriens et régionaux.
« Après 13 ans de guerre, nous devons admettre que notre politique syrienne n’a pas très bien vieilli », a déclaré le ministre autrichien des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg.
« Avec l’aide de l’Iran et de la Russie, le régime Assad reste fermement ancré au pouvoir, et l’opposition syrienne fragmentée ou carrément en exil. L’Union européenne ne peut plus fermer les yeux sur cette réalité », a noté M. Schallenberg.
En dépit de ces appels, les fonctionnaires européens estiment qu’il est peu probable que l’Union européenne relâche la pression sur le régime Assad compte tenu des nombreuses violations des droits humains et des crimes de guerre qu’il commet.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]