Immigration : Berlusconi menace de bloquer l’UE [FR]
Le premier ministre italien Silvio Berlusconi a menacé lundi (1er septembre) de bloquer le processus de prise de décision de l’Union européenne à moins que les commissaires européens et leurs porte-parole ne puissent plus parler publiquement.
Le premier ministre italien Silvio Berlusconi a menacé lundi (1er septembre) de bloquer le processus de prise de décision de l’Union européenne à moins que les commissaires européens et leurs porte-parole ne puissent plus parler publiquement.
Certains eurodéputés se sont dits choqués par la menace de M. Berlusconi, la qualifiant même pour l’un d’entre eux de « scandaleuse ».
Il s’agit du dernier clash dans lequel M. Berlusconi s’est laissé entraîner et qui a suivi des mois de controverses internes. M. Berlusconi attaque en justice les journaux européens à propos de leurs articles sur ses relations avec une jeune fille mineure et une prostituée.
M. Berlusconi semblait s’opposer aux reportages de journaux italiens qui suggèrent que la Commission européenne critiquait implicitement l’Italie en lui réclamant des informations, ainsi qu’à Malte, après qu’un bateau d’immigrants africains ait été renvoyé en Libye.
Dennis Abbott, le porte-parole de la Commission pour la politique régionale, a confirmé que cette requête avait été faite. Le demande d’information est une procédure normale dans une telle situation, a-t-il dit lors d’une conférence de presse habituelle. La Commission souhaite aider, mais pour aider, elle a besoin d’informations précises, a-t-il ajouté.
Mais M. Berlusconi a déclaré que les rapports faits par les médias italiens résultaient de la manipulation des paroles des porte-parole de la Commission.
A des reporters à Gda?sk en Pologne, où les dirigeants européens commémoraient le 70ème anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, il a déclaré qu’il soulèverait la question lors du prochain sommet européen et demanderait à ce que les commissaires dévoyés soient renvoyés.
Ma position sera non équivoque et précise, a-t-il déclaré : nous ne voterons plus, bloquant de manière effective le fonctionnement du Conseil [réunions des gouvernements européens] à moins qu’il soit convenu qu’aucun commissaire ou porte-parole d’un commissaire ne puisse publiquement peser sur un sujet quelconque.
Seul le président de la Commission et son porte-parole devrait avoir la possibilité de parler publiquement, a déclaré M. Berlusconi.
Je demanderai à ce que les commissaires et les porte-parole des commissaires qui suivent la tendance de toutes ces années soient renvoyés de manière définitive, a-t-il dit. C’est quelque chose qui ne peut plus être accepté car cela donne à l’opposition de chaque pays des armes qui n’existent pas, a ajouté le magnat milliardaire des médias.
Un eurodéputé a exprimé son indignation: nous pensons que le chef d’un gouvernement d’un Etat membre ne devrait pas formuler de telles exigences, a-t-il dit. M. Berlusconi, une fois de plus, a-t-il expliqué, a démontré son profond sentiment anti-européen, a affirmé Martin Schulz, chef des Socialistes européens au Parlement européen.
Nous appelons la présidence de l’UE et le président de la Commission, M. Barroso, à réagir immédiatement et personnellement contre cette attaque indigne contre les institutions européennes, a-t-il dit.
Le gouvernement italien est particulièrement sensible aux attaques concernant sa politique des réfugiés. En mai, le ministre de la Défense Ignazio La Russa a qualifié la porte-parole locale de l’agence des Nations unies pour les réfugiés de gauchiste « inhumaine » et « criminelle » en raison des critiques qu’elles avait formulé.
Lundi, la porte-parole, Laura Boldrini, avait accusé l’Italie de renvoyer le bateau de réfugiés loin des eaux italiennes sans leur donner une chance de demander l’asile, qualifiant l’affaire de « très sérieuse ». Selon l’Italie, le bateau se trouvait dans les eaux internationales.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)