Giorgia Meloni soutient Viktor Orbán : la Hongrie est « démocratique »

Giorgia Meloni, a déclaré vendredi (16 septembre) que Viktor Orbán avait remporté les élections et qu’il est donc un « dirigeant démocratique », en réaction à une résolution du Parlement européen concluant que la Hongrie ne peut plus être considérée comme une démocratie.

EURACTIV Italie
Hungarian Prime Minister Viktor Orban in Rome
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (gauche) et la cheffe du parti italien Fratelli d'Italia (Frères d'Italie) Giorgia Meloni, à Rome, le 21 septembre 2019. [[EPA-EFE/Fabio Frustaci]]

La candidate d’extrême droite aux élections italiennes, Giorgia Meloni, a déclaré vendredi (16 septembre) que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán avait remporté les élections et qu’il est donc un « dirigeant démocratique », en réaction à une résolution du Parlement européen concluant que la Hongrie ne peut plus être considérée comme une démocratie.

En début de semaine à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté un rapport indiquant que le gouvernement hongrois porte atteinte aux valeurs de l’Union et qu’il est devenu un « régime hybride d’autocratie électorale ».

Toutefois, tout le monde n’est pas d’accord avec ce constat.

« [Viktor] Orbán a gagné les élections, et même par une large majorité à plusieurs reprises, avec tout le reste de l’arc constitutionnel dressé contre lui : il s’agit d’un système démocratique », a confié Mme Meloni aux médias pour défendre le Premier ministre hongrois.

Elle a ajouté que les modèles orientaux sont différents parce que, jusqu’aux années 1990, « nous les avons laissés sous le joug soviétique ».

« Et maintenant, nous devrions leur donner un coup de main », a-t-elle poursuivi, comme le rapporte Corriere della Sera, média partenaire d’EURACTIV.

« Si vous votez sur un document contre la Hongrie, vous devez le faire en détaillant les accusations, et cela n’a pas été fait », a déclaré Mme Meloni à l’émission Radio Anch’io sur Radio1.

« Tous les partis hongrois ont été indignés par ce document, même ceux qui s’opposent à [Viktor] Orbán. S’agit-il vraiment d’une dictature ? », s’est-elle interrogée.

Mme Meloni, à la tête du parti italien Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), parti membre du groupe Conservateurs et réformistes européens (ECR), dirige une coalition de droite avec la Lega (Ligue) de Matteo Salvini (groupe ID au Parlement européen) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (du Parti populaire européen, PPE, au Parlement européen).

Selon les sondages, sa coalition devrait l’emporter face à une coalition de gauche dirigée par le leader de centre-gauche Enrico Letta.

Cependant, les eurodéputés italiens de la Lega et de Fratelli d’Italia ont voté contre la résolution, défendant les actions de M. Orbán.

Dans un entretien accordé à EURACTIV France, l’eurodéputé et président de la délégation française du groupe ID au Parlement européen Jean-Paul Garraud (Rassemblement national) a exprimé son souhait de voir la coalition de droite sortir gagnante des élections italiennes du 25 septembre prochain.

Il a également déclaré que ce serait l’occasion de « quelque chose de plus grand » à l’avenir entre le groupe d’extrême droite ID et ECR.

Les socialistes européens ont averti que l’Italie sera confrontée au risque d’une « orbanisation » si Mme Meloni accède au pouvoir.

« Un gouvernement de droite radicale en Italie pourrait ouvrir la porte à une “orbanisation” de la démocratie dans un État fondateur de l’UE », a déclaré Udo Bullmann, un eurodéputé allemand membre du parti social démocrate allemand (SPD) et ancien chef du groupe S&D au Parlement, à EURACTIV Italie le 31 août.

En mars 2021, le Fidesz de M. Orbán a quitté le groupe du PPE au Parlement européen suite à la forte opposition d’autres partis de droite concernant la situation de l’État de droit à Budapest.

La déclaration de Mme Meloni a mis le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi dans une position délicate, car il est membre du PPE mais se présente en tant que membre de sa coalition de droite – avec deux partis d’extrême droite.

[Edité par Davide Basso]