Ján Figel - le "Commissaire des citoyens" ?
Ján Figel, le Commissaire européen en charge de la politique de l'éducation, du multilinguisme (pour la première fois inclus dans le portefeuille d'un membre de la Commission) et du sport, fait part à EURACTIV de son intention de contribuer à l'émergence d'une Europe plus proche des citoyens.
Ján Figel, le Commissaire européen en charge de la politique
de l’éducation, du multilinguisme (pour la première fois
inclus dans le portefeuille d’un membre de la Commission) et
du sport, fait part à EURACTIV de son intention de contribuer
à l’émergence d’une Europe plus proche des citoyens.
Se désignant lui-même comme le « Commissaire des citoyens », le
Slovaque Jan Figel estime que son portefeuille a une dimension
humaine très importante, son rôle principal étant à ses yeux de
promouvoir une « Europe proche des citoyens » dans
laquelle chaque individu pourrait faire de sa citoyenneté et de sa
langue une valeur ajoutée, et où l’éducation reçue par
chacun serait exploitable dans l’ensemble des Etats
membres. M. Figel a souligné les limites juridiques à
l’action de la Commission dans les domaines relevant de sa
responsabilité, annonçant qu’il se concentrerait sur la mise en
oeuvre des mesures déjà adoptées plutôt que sur des initiatives
radicalement nouvelles.
Figel estime tout à fait approprié que
le multilinguisme soit à présent un
sujet politique et fasse partie du programme d’action de la
Commission, compte tenu de l’importance de la diversité culturelle
et linguistique de l’Europe et du besoin d’oeuvrer en faveur
de la compréhension mutuelle entre les peuples au sein de
l’Union.
Invité à décliner les axes prioritaires de son
action, M. Figel souligne qu’il s’attachera à faire
en sorte que l’Union puisse continuer à fonctionner
avec 20 langues officielles, et à veiller à ce qu’elle assume
entièrement ses responsabilités en matière de clarté des textes
juridiques communautaires. Tout échange au sein des
institutions de l’Union doit être compris par tous, souligne le
Commissaire, notant au passage que « parfois, le grand nombre de
ministres, de langues, de sujets de discussion peut conduire à des
incompréhensions dûes à des contributions hâtives et manquant de
clarté ».
M. Figel a par ailleurs indiqué qu’il continuerait à
développer à la fois les services internes et les services externes
de traduction, tout en soulignant que les services internes étaient
de meilleure qualité et que « la qualité est ce qu’il y a de plus
important dans la mesure où, si vous avez des textes qui sont faux
et que ceux-ci deviennent juridiquement contraignants, alors se
pose un problème véritablement désastreux ». Le Commissaire ajoute
que la qualité des contrôleurs externes doit être contrôlée, « ce
qui implique des coûts supplémentaires ».
Interrogé sur les postes de dépense qu’il souhaiterait voir
privilégiés (ou au contraire supprimés) dans
le nouveau programme de l’UE en matière
d’éducation pour la période 2007-13,
M. Figel déclare qu’il ne peut envisager une réduction
des programmes de mobilité dans le cadre d’une Europe à 25
Etats membres.
Le Commissaire se dit déterminé à agir pour qu’un plus grand
nombre d’étudiants d’Europe de l’Ouest choisissent d’aller étudier
en Europe centrale et orientale. Une partie de la solution réside
selon lui dans l’introduction de procédures plus simples, ainsi que
dans un accroissement du financement accordé par l’UE à chaque
personne concernée par un programme de mobilité (étudiant ou
professeur) – la somme moyenne actuellement accordée à chaque
étudiant participant au programme Erasmus ne dépasse pas les 150
euros.
Concernant les Etats membres qui tardent à réformer leurs
systèmes éducatifs, Figel indique qu’il n’aura pas recours à la
pratique du « nommer et blâmer », préférant vanter les mérites de
l’étalonnage (« benchmarking »), jugé « inspirant et motivant ».
Le Commissaire cite notamment les cas de la Finlande et de
plusieurs pays scandinaves qui obtiennent de « bons
résultats en matière d’éducation, d’innovation, de
recherche et de croissance de la productivité, sans que
cela se fasse au détriment de la cohésion sociale ou de
l’environnement ».
Revenant sur le lancement de l’Europass (qui comprend un CV
« euro-compatible », ainsi que des diplômes et des certificats
de langues), M. Figel rappelle que les ministres de
l’éducation des 25 définiront au printemps l’ébauche d’un
cadre européen pour la reconnaissance des qualifications. Il
s’agit là d’un élément « d’une importance cruciale dans la
perspective d’un réel progrès en matière de reconnaissance
mutuelle ».
Concernant le sport, domaine dans
lequel la Commission pourrait (si la Constitution européenne
devait entrer en vigueur) se voir autorisée à adopter des
mesures complémentaires, Figel estime qu’il « peut s’agir d’un
véritable plus [pour l’Europe] mais que, comme n’importe quelle
activité humaine, le sport peut être dévalué par les
excès du marketing ou par le dopage ». M. Figel note
d’ailleurs que sa première audition au Parlement européen
était consacrée au thème du dopage dans le sport.
Figel ajoute qu’un vaste forum consultatif doit se dérouler
en mai prochain : il s’agira là, souligne le Commissaire,
d’une belle opportunité d’évaluer les résultats de l’Année
européenne d’éducation par le sport, et de préparer l’avenir
de la politique sportive européenne.
Vous trouverez ici la version intégrale de l’entretien avec le Commissaire
Figel.