Le Parquet européen engage des poursuites pénales contre quatre députés grecs

Ces nouveaux cas surviennent alors que les spéculations vont bon train quant à la tenue d'élections anticipées

EURACTIV.com
Laura Kovesi, procureure en chef du Parquet européen [Photo : Nikolas Mhtrousias/NurPhoto via Getty Images]

Quatre députés en exercice du parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie, font partie des personnes visées par des poursuites pénales engagées par le Parquet européen (EPPO) concernant des subventions agricoles prétendument illégales accordées en 2021.

L’implication de ces députés intervient dans un contexte de polarisation croissante de la scène politique grecque à l’approche des élections nationales prévues en 2027, tandis que les spéculations vont bon train quant à la possibilité que les électeurs soient appelés aux urnes dès cet automne.

En 2025, le Parquet européen d’Athènes a ouvert une enquête sur une fraude présumée concernant des subventions agricoles, impliquant des agriculteurs, des responsables politiques et l’OPEKEPE, l’agence publique grecque chargée de la distribution des fonds européens.

Le Parquet européen a estimé le préjudice total causé au budget de l’UE à 2,9 millions d’euros.

La semaine dernière, un tribunal d’Athènes a condamné 57 prévenus non issus du monde politique à des peines de prison avec sursis allant d’un à trois ans.

Cependant, l’affaire touche désormais également la sphère politique. Jeudi, le Parquet européen a engagé des poursuites pénales contre 22 suspects, dont quatre députés en exercice, plusieurs anciens hauts fonctionnaires et des collaborateurs politiques.

Selon les médias locaux, Kostas Skrekas, Katerina Papakosta, Maximos Senetakis et Christos Boukoros feront l’objet de poursuites pénales. Les plaintes visant sept autres députés en exercice ont été rejetées, et leurs dossiers ont été classés.

L’immunité parlementaire de deux ministres également impliqués dans l’affaire n’a pas été levée, la majorité parlementaire de Nouvelle Démocratie ayant bloqué cette mesure malgré une demande du Parquet européen visant à poursuivre l’enquête.

Le gouvernement a souligné que la présomption d’innocence s’applique et que les tribunaux ont le dernier mot.

(adm)