José Manuel Barroso demande aux dirigeants européens de respecter leurs engagements
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé son soutien hier (3 août) à l'Italie et à l'Espagne dans la ligne de mire des marchés financiers, mais il a reconnu que comme les dirigeants européens avaient été trop lents pour respecter leurs promesses, les investisseurs avaient maintenant des doutes quant à la capacité de la zone euro à surmonter la crise de la dette souveraine.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé son soutien hier (3 août) à l'Italie et à l'Espagne dans la ligne de mire des marchés financiers, mais il a reconnu que comme les dirigeants européens avaient été trop lents pour respecter leurs promesses, les investisseurs avaient maintenant des doutes quant à la capacité de la zone euro à surmonter la crise de la dette souveraine.
M. Barroso a déclaré que l'envolée du rendement des obligations italiennes et espagnoles à leur plus haut niveau en 14 ans était très inquiétante et ne reflétait pas la réelle situation de la troisième et de la quatrième économies de la zone euro.
Mercredi, les rendements des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans s'élevaient à 6,24 et 6,10 pour cent respectivement. Leur écart s'est réduit, dans la mesure où l'Italie est aujourd'hui encore plus visée que l'Espagne s'agissant de la soutenabilité de sa dette.
« En réalité, les tensions sur les marchés obligataires reflètent les craintes croissantes des investisseurs concernant la capacité systémique de la zone euro à répondre à la crise », a expliqué M. Barroso dans un communiqué.
Il a demandé aux Etats membres d'accélérer la procédure d'approbation des mesures vouées à lutter contre la crise au parlement. Ces mesures avaient été décidées lors du sommet de la zone euro du 21 juin et avaient pour objectif d'éviter que la crise ne se propage aux plus grandes économies européennes à partir de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal qui ont fait l'objet de renflouements de la part de l'UE et du FMI.
« Il est donc essentiel que nous agissions rapidement pour mettre en œuvre toutes les mesures qui ont été décidées par les chefs d'Etat et de gouvernement et que nous envoyions un signal clair montrant la détermination de la zone à combattre la crise de la dette souveraine avec des moyens proportionnels à la gravité de la situation », a déclaré M. Barroso.
Le fonds de sauvetage de la zone euro ne peut pas utiliser les nouvelles compétences qui lui ont été attribuées lors du sommet du mois dernier en achetant des obligations sur le marché secondaire ou en accordant des lignes de crédit préventives aux Etats tant qu'elles n'auront pas été approuvées par les parlements nationaux, ce qui devrait avoir lieu fin septembre au plus tôt.
Toutefois, ni M. Barroso, ni le commissaire européen aux affaires monétaires, Olli Rehn, n'ont proposé de mesures immédiates pour enrayer la crise qui a repris de plus belle moins de deux semaines après leur réunion de crise.
Les dirigeants politiques étant en vacances, il semble peu probable qu'une décision politique soit prise de si tôt, même si les gouvernements de la zone euro restent en contact par téléphone.
Le ministre allemand de l'économie, Philipp Roesler, a déclaré que l'Italie et l'Espagne n'avaient même pas fait l'objet d'une discussion lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement mercredi. Il présidait lui-même la réunion à la place de la chancelière, Angela Merkel, qui est en vacances.
Le gouvernement de M. Berlusconi n'a pas non plus abordé la tempête sur les marchés et un porte-parole du gouvernement allemand a affirmé que Berlin ne voyait aucune raison de s'alarmer quant à la vente des actions et des obligations italiennes et que l'Allemagne se concentrait sur les décisions prises lors du dernier sommet de la zone euro.
La Banque centrale européenne pourrait réactiver son programme d'achat d'obligations qui avait temporairement calmé les marchés l'année dernière, mais il n'est plus utilisé depuis plus de quatre mois. Les données hebdomadaires publiées lundi montrent que le programme reste au point mort pour le moment malgré des rumeurs affirmant le contraire sur les marchés la semaine dernière.
L'Italie et l'Espagne pourraient proposer de nouvelles mesures d'austérité pour tenter d'apaiser les marchés, mais Rome vient d'adopter un plan d'austérité de 48 milliards d'euros et le gouvernement espagnol « boiteux » vient d'annoncer des élections anticipées pour le 20 novembre.
EURACTIV avec Reuters —Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet