Jozef Síkela dénonce les « néocolonialismes » chinois et russe et s’engage à lutter contre l’immigration clandestine
Le commissaire désigné pour les Partenariats internationaux a dénoncé les « néocolonialismes » chinois et russe et réitéré son engagement en faveur d’une « approche tout au long du parcours » pour lutter contre l’immigration irrégulière lors de son audition au Parlement le 6 novembre.
Le commissaire désigné pour les Partenariats internationaux, Jozef Síkela, a dénoncé les « néocolonialismes » chinois et russe et réitéré son engagement en faveur d’une « approche tout au long du parcours » pour lutter contre l’immigration irrégulière, lors de son audition au Parlement européen mercredi 6 novembre.
Alors que les eurodéputés ont posé de nombreuses questions sur les influences croissantes de Pékin et de Moscou au niveau international, Jozef Síkela a insisté sur la supériorité des programmes de développement européens, face aux alternatives proposées par d’autres « acteurs assertifs ».
« Nos partenaires veulent travailler davantage avec l’Europe et nous devons leur montrer pourquoi l’offre de l’Europe est unique, [avec] des valeurs communes [qui mèneront à] un avenir meilleur au lieu d’un avenir avec des acteurs assertifs dépourvus de valeurs démocratiques et qui ne respectent pas les droits humains », a-t-il déclaré.
« Le néocolonialisme ne vient pas de l’Europe — ce sont des choses que nous subissons de la part de la Chine et de la Russie », a-t-il ajouté, employant des mots bien plus durs que dans ses réponses aux questions des eurodéputés le mois dernier.
L’ancien ministre tchèque du Commerce a été chargé de superviser l’initiative « Global Gateway ». Lancée fin 2021, cette stratégie de la Commission vise à contribuer au développement des pays émergents partenaires de l’Union européenne (UE), notamment dans les domaines du numérique, de l’énergie, de l’environnement, de la santé ou encore de l’éducation, en s’appuyant sur la mobilisation du secteur privé.
Personnalité respectée à Bruxelles, notamment pour sa gestion de la crise énergétique lors de la présidence tchèque du Conseil de l’UE en 2022, Jozef Síkela a également noté que l’émergence d’un nouveau « monde multipolaire » doit pousser l’Europe à redoubler ses efforts pour forger des partenariats économiques avec des pays tiers, afin de garantir un accès aux matières premières essentielles.
Il a rappelé à plusieurs reprises que les investissements chinois en République démocratique du Congo pourraient permettre à Pékin de contrôler d’ici 2030 la moitié de l’approvisionnement mondial en cobalt — un élément utilisé pour fabriquer des batteries lithium-ion et d’autres produits d’importance stratégique.
« Nous avons besoin de nos partenaires dans ce monde multipolaire qui connaît une très importante transformation économique, cette dernière nécessitant de nouvelles matières premières », a-t-il expliqué.
« Les régions [qui produisent ces matières premières sont donc] un objectif pour de nombreuses puissances mondiales. Ceux qui proposeront la meilleure offre auront une longueur d’avance dans la réalisation de leurs objectifs de décarbonation et de développement durable, et bénéficieront de retombées économiques. »
Une approche globale des migrations
Sans trop s’écarter de ses réponses adressées au Parlement européen, le commissaire désigné tchèque a également répondu à des questions sur le volet migratoire de son portefeuille.
Faisant écho à ses futurs collègues Magnus Brunner, commissaire désigné aux Affaires intérieures et à la Migration, et Dubravka Šuica, commissaire désignée à la Méditerranée, Jozef Síkela a évoqué la nécessité pour l’UE d’adopter une « approche tout au long du parcours pour une gestion efficace des migrations ».
La transparence et les droits humains ont également été au cœur de l’audition.
Le commissaire désigné a souligné que toutes les politiques doivent s’aligner sur les objectifs de développement, intégrer la durabilité dans leurs activités et respecter les droits humains.
Jozef Síkela a ensuite indiqué que le financement du développement des pays d’origine et de transit était un outil puissant pour traiter la migration à la racine, en mettant en avant des domaines critiques, tels que le climat, la numérisation, les transports, l’éducation, la santé et les infrastructures, où la stratégie Global Gateway pourrait jouer un rôle central.
Selon lui, il est nécessaire d’assurer une gestion rigoureuse des frontières et de démanteler les réseaux de passeurs, la priorité étant d’empêcher les gens de risquer leur vie. Jozef Síkela a aussi promis une collaboration plus étroite avec les pays de transit, afin d’intercepter et d’aider les migrants tout au long de leur voyage.
« Une approche tout au long du parcours signifie que nous ne discutons pas seulement avec les pays d’origine, mais aussi avec les pays de transit », a-t-il précisé.
La candidature de Jozef Síkela a été approuvée par la commission du Développement (DEVE) du Parlement tard dans la soirée, selon deux personnes proches du dossier.
Maria Simon Arboleas et Sofia Sanchez Manzanaro ont contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anna Martino]