Karel de Gucht présente ses excuses
Le commissaire en charge du commerce Karel de Gucht a présenté ses excuses le 3 septembre à propos des commentaires qu’il aurait fait concernant les Juifs dans un entretien récent. La Commission Européenne s’est distancée de ce discours offensif, ce qui n’a pas empêché les commentateurs et les organisations juives de parler d’une nouvelle vague d’anti-sémitisme et de racisme à travers l’Europe.
Le commissaire en charge du commerce Karel de Gucht a présenté ses excuses le 3 septembre à propos des commentaires qu’il aurait fait concernant les Juifs dans un entretien récent. La Commission Européenne s’est distancée de ce discours offensif, ce qui n’a pas empêché les commentateurs et les organisations juives de parler d’une nouvelle vague d’anti-sémitisme et de racisme à travers l’Europe.
Dans un entretien accordé le 2 septembre à une station radio publique flamande, M. de Gucht, anciennement ministre des affaires étrangères au gouvernement belge, a exprimé son scepticisme concernant les discussions directes entre Israël et la Palestine, qui ont débuté ce même jour (EURACTIV 02/09/10).
Le lobby juif au Congrès des Etats-Unis ne devrait pas être sous estimé, a rapporté la presse belge d’après une citation de M. de Gucht, avant d’ajouter qu’il ne fallait pas non plus sous estimer l’opinion du juif moyen en dehors d’Israël, qui, selon lui, est menée par la conviction de son bon droit.
Il n’est pas évident d’avoir une discussion rationnelle, même avoir un juif modéré, a clamé M. de Gucht.
Interrogé par la presse bruxelloise de faire un commentaire sur ces remarques, que les organisations juives ont dénoncées comme raciste, un porte-parole de la Commission a insisté sur le fait que celles-ci étaient des remarques personnelles, qui ne représentent en rien les positions bien connues de l’exécutif de l’UE quant au processus de pays au Moyen-Orient.
Une fois de plus, nous entendons des remarques outrageuses et anti-sémites venant d’un ancien fonctionnaire européen, a dit Moshe kantor, président du Congrès juif européen, qui a averti d’une nouvelle vague d’anti-sémitisme en Europe, ajoutant que les calomnies au sujet du pouvoir juif sont apparemment acceptables aux plus hauts niveaux de l’UE.
Kantor semble faire référence à un ouvrage récent de Thilo Sarrazin, un politicien social-démocrate et membre du directoire de la Banque Fédérale allemande, qui a déclenché une tempête de désapprobation en raison des théories raciales et des théories sur l’intégration des minorités qu’il exprime dans son livre (EURACTIV 01/09/10).
Pendant ce temps, Abraham Foxman, directeur de la Ligue Anti-Diffamation, a décrit les commentaires de M. de Gucht comme « anti-sémites ». Il a dit qu’affirmer qu’une majorité des juifs sont obstinés et irrationnels est une claire et négative caractérisation du peuple juif.
Pas l’intention d’offenser
Dans une déclaration, M. de Gucht a présenté ses excuses, disant que son intention n’était pas d’offenser ni de stigmatiser la communauté juive.
Je veux qu’il soit clair que l’anti-sémitisme n’a pas sa place dans le monde d’aujourd’hui, et ce celui-ci va à l’encontre de nos valeurs européennes, a-t-il ajouté.
La commissaire aux affaires étrangères Catherine Ashton a déclaré être confiante dans le fait que M. de Gucht n’avait pas l’intention d’offenser qui que ce soit avec ses remarques.
Mme Ashton a ajouté dans une déclaration publiée par son bureau vendredi qu’elle était encouragée par les résultats positifs du lancement des discussions directes entre les autorités israéliennes et palestiniennes.
Elle a réaffirmé l’engagement de l’UE et son entier soutien en vue du succès de ces négociations, et a souligné le rôle du Quatuor comme force motrice pour mener ce processus à une conclusion couronnée de succès.
Néanmoins, l’impair de M. de Gucht tombe à un très mauvais moment, selon les observateurs.
Les controverses au sujet de l’expulsion des Roms de France, qui ont été dénoncées par les groupes d’action et l’opposition française comme raciste et contraire aux lois communautaires prennent de l’ampleur. Des manifestations ont eu lieu devant diverses ambassades françaises. À Paris, ce samedi un rassemblement a attiré 50 000 protestataires selon les organisateurs – 12 000 selon la police.
L’effet de contagion ?
Les positions de M. Sarkozy contre les Roms ont encouragé le parti d’extrême droite hongrois Jobbik à intensifier sa campagne contre les minorités nationales. Gabor Staudt, un candidat du parti Jobbik pour les élections locales imminentes en Hongrie a fait appel à leur réclusion dans des camps spéciaux.
Le leader du parti d’opposition, le Parti Socialiste, Attila Mesterhazy, a contré : Nous estimons que ce que Jobbik dit est inacceptable. J’espère qu’ils ne souhaitent pas enfermer les citoyens hongrois dans des camps de concentrations. Le pire mouvement concerne le fait que le gouvernement Fidesz ne s’est pas distancé de la plateforme xénophobe de Jobbik. Il devrait, a dit M. Mesterhazy, cité par Euronews.