L’adhésion de la Suisse à l’UE n’est « pas vraiment à l'agenda »
Les accords bilatéraux resteront la base des relations entre la Suisse et les pays de l’UE, a dit la ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey à EURACTIV, en amont du treizième sommet international de la Francophonie.
Les accords bilatéraux resteront la base des relations entre la Suisse et les pays de l’UE, a dit la ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey à EURACTIV, en amont du treizième sommet international de la Francophonie.
« Pour le moment, les relations bilatérales vont demeurer la meilleure manière pour la Suisse d’établir ses positions en Europe », a dit Mme Calmy-Rey à EURACTIV.
Interrogée pour savoir si la Suisse souhaite imiter l’Islande et rejoindre l’Union Européenne dans le sillage de la crise économique et financière, la ministre des affaires étrangères a réplique que la demande d’adhésion à l’UE n’est pas vraiment à l’agenda.
La Suisse s’est retrouvée au cœur de la tourmente durant les crises actuelles, parmi des inquiétudes concernant la transparence de son système bancaire.
La ministre a déclaré que la Suisse souhaiterait être directement impliquée dans le futur travail du G20, en particulier en ce qui concerne la régulation financière.
Se prononçant contre les efforts visant à introduire une taxe bancaire mondiale, elle a dit que selon la Suisse une telle taxe ne semble pas être la manière la plus efficace de s’assurer de la stabilité financière, et que celle-ci compte plutôt sur les fonds privés et les régimes de stricte liquidité.
Les chefs d’états et de gouvernements venant de 70 pays francophones descendront sur la ville suisse de Montreux pour le treizième sommet de la Francophonie, qui doit avoir lieu du 22 au 24 octobre.
Mme Calmy-Rey a dit que les questions abordées par les dirigeants à Montreux concerneront principalement les positions des pays francophones dans un nouveau cadre de gouvernance économique mondiale, le changement climatique, la sécurité alimentaire ainsi que la langue française et l’éducation dans le contexte de la globalisation mondiale.
Elle a également exprimé sa conviction que le français va garder son statut « au coeur des institutions européennes ». Elle a rejeté les suggestions selon lesquelles l’UE pourrait suivre l’exemple de son propre pays, qui possède quatre langues officielles mais qui utilise le français dans ses relations extérieures.
« Ce n’est certainement pas à la Suisse de donner des leçons. Avec ses 23 langues officielles, la situation de l’UE n’est pas réellement comparable à la nôtre », a dit la ministre suisse des affaires étrangères.
Mme Calmy-Rey a souligné trois initiatives que la Suisse à l’intention de proposer lors du sommet.
« La première initiative visera à formaliser les relations entre les ambassadeurs francophones et les principaux acteurs de la coopération francophone au sein de leur pays de résidence via les « Groupes des amis de la Francophonie », a-t-elle dit.
Deuxièmement, la Suisse soutiendra une soumission venant d’une école polytechnique de Lausanne visant à établir un réseau francophone d’excellence dans les sciences physiques, et troisièmement, elle cherchera à mettre en place un processus de consultation afin de stimuler la compréhension mutuelle entre les cultures francophones, a expliqué la ministre.
Interrogée quant au rôle qu’elle envisage pour l’OIF dans la promotion de la gouvernance économique mondiale, Mme Calmy-Rey a dit que la plateforme francophone est un forum utile pour l’échange d’opinions sur la question.
Toutefois, elle a été prompte à souligner que les économies des pays francophones sont très différentes les unes des autres et que « l’absence de caractéristiques communes ne leur donne pas de rôle spécifique à jouer dans les pays francophones en tant que tels ».
Mme Calmy-Rey a réfuté les suggestions selon lesquelles l’OIF se marginalise elle-même en se focalisant trop fortement sur la promotion de la langue française, elle a insisté sur le fait que la Francophonie détient une réelle capacité d’influence par la promotion de la diversité culturelle et linguistique, citant la notion d’ «exception culturelle » dans les règlementations commerciales du GATT et la convention de l’UNESCO sur la promotion et la protection de la diversité culturelle comme exemples.
De plus, la ministre suisse a dit que l’OIF est fortement impliqué dans la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.
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