L’Allemagne, un modèle pour les PME françaises

Le tissu économique allemand continue à être pris comme modèle, comme ont pu en témoigner les intervenants du congrès des patrons de PME.

EURACTIV.fr

Le tissu économique allemand continue à être pris comme modèle, comme ont pu en témoigner les intervenants du congrès des patrons de PME.

Pour dépasser leur problème central du « carnet de commandes », les PME se doivent d’innover et d’aller chercher de nouveaux marchés, a déclaré dans son introduction le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, à l’occasion du salon Planète PME du 16 juin.

Cette exigence correspond bien au modèle allemand, cité en modèle au fil des interventions et plébiscité par le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé. Les PME françaises ont été, une nouvelle fois, invitées à s’inspirer du voisin allemand, tant pour son tissu économique (modèle du « Mittelstand« ) que pour ses trois orientations majeures : l’innovation, les investissements et les exportations. L’assimilation de ces leviers de la compétitivité allemande a été présentée comme un facteur central du dynamisme à venir de l’économie française. En 2009, l’Allemagne, est d’ailleurs devenue le premier investisseur étranger en France, devant les États-Unis.

Si les entreprises sont en effet plus nombreuses en France qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, c’est la proportion bien supérieure de très petites entreprises qui pèse sur ce rapport, qui s’inverse pour les grosses entreprises et les entreprises de taille intermédiaires (ETI), explique le directeur général de KPMG Jacky Lintignat.

Ces ETI ont été mis en place en France par la loi de modernisation de l’économie de 2008. L’objectif est donc bien identifié. Pour Jean-François Copé, il s’agit de faire évoluer les PME en véritables ETI, qui s’adossent aux grandes entreprises, à l’image du « beau modèle » allemand.

Les mesures qui en découlent concernent les fonds propres (avec une prise de participation des banques dans les PME) et une mise en réseau des grosses et moyennes entreprises qui n’est « pas dans notre culture » (avec notamment les « prêts de main d’œuvre ») a ajouté le chef de l’UMP à l’Assemblée. 

L’innovation constitue, d’autre part, une nécessité pour exporter, à l’instar des entreprises allemandes, a insisté Hervé Novelli en rappelant différents outils à disposition des PME, notamment les brevets de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et le crédit impôt recherche.

Saluant le patriotisme économique des grandes entreprises allemandes, M. Copé a appelé de ses vœux un axe franco-allemand très fort, afin que les deux pays, constituent « notre G2 » face au G2 États-Unis/Chine.

Une internationalisation nécessaire

Le salut des PME françaises passe par le « réalisme » et la prise en compte du manque d’internationalisation et d’innovation qui les pénalisent aujourd’hui par rapport à leurs voisines européennes, a expliqué le directeur général d’Ubifrance Christophe Lecourtier. Les PME sont ainsi moins de 100 000 à exporter contre 200 000 en Italie et 300 000 en Allemagne, a-t-il ajouté.

Cette situation des entreprises françaises s’explique en partie par l’histoire économique du pays, qui a favorisé dans le passé un grand marché intérieur et le marché colonial, a indiqué le président d’Ubifrance. Il identifie aujourd’hui trois critères pour rattraper ce développement international  : la volonté de se donner les moyens d’une internationalisation, l’utilisation des dispositifs existants comme l’équipe de France de l’export et une persévérance dans la durée, qui fait, selon lui, la force des Allemands et des Italiens.

Nicolas Sarkozy a abondé dans ce sens en expliquant qu’« un pays en crise ne doit pas se rétracter » mais s’ouvrir, en étant conscient de ses forces, la France, deuxième pays d’accueil des investissements étrangers en Europe, ayant selon lui les « meilleurs infrastructures ». 

Pour se donner généralement davantage d’outils dans cette conquête de nouveaux marchés, Jean-François Copé a indiqué vouloir faire de la maîtrise de l’anglais « une priorité nationale ».

Cette ouverture vers l’international est d’autant plus propice que la baisse de l’euro donne aujourd’hui un « coup de pouce » à la France dont les exportations sont en hausse, se sont félicités les intervenants présents.