L’Azerbaïjan octroie à son dirigeant le pouvoir à vie [FR]

Hier (18 mars), l’Azerbaïdjan, pays riche en pétrole, a voté en faveur de la levée de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, selon des résultats partiels. Ce vote permet désormais à Ilham Aliyev d’être président à vie, à condition qu'il continue de gagner les élections. 

referendum_thumbs.jpg
referendum_thumbs.jpg

Hier (18 mars), l’Azerbaïdjan, pays riche en pétrole, a voté en faveur de la levée de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, selon des résultats partiels. Ce vote permet désormais à Ilham Aliyev d’être président à vie, à condition qu’il continue de gagner les élections. 

Un amendement à la Constitution, adopté par référendum, va permettre à la famille de M. Aliyev de pérenniser sa longue domination sur l’ancien Etat soviétique, fournisseur de pétrole et de gaz à l’Occident, au terme du second mandat de M. Aliyev, en 2013. 

Se fondant sur les résultats de 54 % des bureaux de vote, la commission électorale nationale a déclaré que 92,2 % des électeurs ont soutenu la levée de la limite. Le taux de participation s’élève à 71 %, malgré les appels de l’opposition à ne pas se rendre aux urnes.  

Ces modifications sont une bonne chose pour le peuple, a indiqué Sabir Farajev, professeur de 70 ans, après avoir glissé son bulletin de vote dans une urne se trouvant sous une grande photographie de M. Aliyev en compagnie de son père. Il a ajouté que si le président mérite d’être à la tête de l’Etat, il peut être président à vie. 

M. Aliyev, 47 ans, est président depuis 2003, date à laquelle il a succédé à son père, Heydar, qui a dirigé l’Azerbaïdjan tout d’abord comme leader communiste au sein de l’Union soviétique, ensuite comme président. 

Son mandat a coïncidé avec une conjoncture économique favorable découlant du pétrole acheminé vers l’Europe depuis la mer Caspienne, région où l’Ouest et la Russie se disputent l’influence sur les réserves énergétiques. 

En maintenant sa position à un carrefour stratégique aux portes de l’Asie centrale, M. Aliyev a tenté de trouver un juste équilibre entre Moscou et l’Ouest, notamment en matière de politique énergétique. 

L’Azerbaïjan, majoritairement musulman, est d’une importance capitale pour l’Europe, qui espère réduire sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie. C’est la raison pour laquelle l’Ouest a mis de l’eau dans son vin par rapport à la démocratie azérie, selon l’opposition. 

Grâce à une croissance économique rapide, les infrastructures et le niveau de vie du pays sont désormais meilleurs. De plus, les leaders vétérans de l’opposition azérie sont considérés comme détenant peu de pouvoir et sont toujours associés à la guerre et au chaos qui ont marqués les premières années de l’indépendance de l’Azerbaïjan, brève période avant que la dynastie des Aliyevs ne prenne le pouvoir. 

Mais selon les groupes de défense des droits de l’homme, la mainmise de M. Aliyev sur le pouvoir résulterait plutôt d’une limitation de la démocratie et du culte de la personnalité entourant son père, dont le portrait et le nom ornent les rues et les bâtiments dans tout l’Azerbaïdjan. 

(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV.)