L'espace aérien unique retardé par une querelle territoriale à Gibraltar
Une dispute territoriale concernant Gibraltar menace de bloquer la mise en œuvre d'un système permettant de fusionner les couloirs aériens des États membres afin de raccourcir les itinéraires de vol et de limiter les émissions de CO2 et les coûts de carburant.
Une dispute territoriale concernant Gibraltar menace de bloquer la mise en œuvre d’un système permettant de fusionner les couloirs aériens des États membres afin de raccourcir les itinéraires de vol et de limiter les émissions de CO2 et les coûts de carburant.
L’initiative du ciel unique européen, lancée en 2004, a du plomb dans l’aile. Cette initiative devrait permettre de fusionner les couloirs aériens nationaux en « blocs » transnationaux afin de raccourcir et baisser les coûts des vols.
?Malheureusement, l’Espagne veut que les aéroports de Gibraltar soient exclus de la loi européenne sur l’aviation jusqu’à la résolution d’une dispute territoriale concernant la bande de terre reliant l’enclave britannique au continent.
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Selon une déclaration officielle, le Conseil de l’Union européenne, constitué des 28 États membres, « n’a pas pris parti quant à l’application de cette proposition à l’aéroport de Gibraltar ».
Ana Pastor Julian, la ministre espagnole des travaux publics et des transports, a décrit l’aéroport situé sur le territoire en question comme « une zone illégalement occupée par le Royaume-Uni ».
Pour Londres, Madrid doit cesser de tenter d’exclure l’aéroport de Gibraltar des mesures concernant l’aviation dans l’UE en vertu de l’accord de Cordoue, conclu entre le Royaume-Uni, l’Espagne et le gouvernement de Gibraltar.
« Il n’y a absolument aucune raison d’exclure Gibraltar de la suite de cette série de mesures », affirme Robert Goodwill, sous-secrétaire d’État aux transports en Grande-Bretagne.
Sous le système de couloirs aériens actuel, chaque État est responsable de son espace aérien. Les États gèrent donc en général les itinéraires de vol et prélèvent des droits de navigation et d’aérogares estimés à un total de 8 milliards d’euros par an par Eurocontrol, l’agence de contrôle du trafic aérien.
Gibraltar, une péninsule sur la côte méridionale espagnole, a été cédée au Royaume-Uni en 1713. Elle constitue une source de tensions diplomatiques croissantes depuis l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement espagnol en 2011.
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L’Espagne voudrait récupérer tout Gibraltar, mais le statut de l’isthme est un sujet à part entière. Madrid estime en effet que ce territoire n’était pas inclus dans le traité cédant Gibraltar à la couronne britannique il y a trois siècles et a donc toujours été un territoire espagnol.
L’accord du Conseil devra être finalisé lors de discussion avec le Parlement européen l’an prochain. Tant que la dispute entourant l’aéroport de Gibraltar n’aura pas été résolue, le nouvel espace aérien unique ne peut toutefois être mis en œuvre.