L’Espagne annonce de nouvelles mesures d’austérité
L’Espagne a annoncé de nouvelles mesures d’austérité aujourd’hui (19 août) et réduit de moitié les impôts sur les achats immobiliers, afin de trouver un équilibre entre la réduction du déficit et la stimulation de la croissance économique anémique.
L’Espagne a annoncé de nouvelles mesures d’austérité aujourd’hui (19 août) et réduit de moitié les impôts sur les achats immobiliers, afin de trouver un équilibre entre la réduction du déficit et la stimulation de la croissance économique anémique.
Les cinq milliards d'euros d'économies voués à réduire le déficit ont pour objectif de contrer les attaques du marché. Cependant, le gouvernement a décidé de ne pas opérer de réductions drastiques pour ne pas mettre en péril les résultats des socialistes aux élections de novembre.
Les décisions visant à réduire les coûts en médicaments des gouvernements régionaux grâce à une nouvelle loi sur les médicaments génériques permettront d'économiser 2,4 milliards d'euros, et 2,5 milliards d'euros supplémentaires pourront être économisés par le biais d’impôts anticipés pour les grandes entreprises, chaque année jusqu'en 2013.
Le gouvernement a déclaré que ces mesures permettraient à l'Espagne d'atteindre plus facilement ses objectifs en termes de déficit cette année, alors qu'elle lutte pour ne pas se faire entraîner dans la crise de la dette de la zone euro, qui a fait grimper les coûts de l'emprunt à des niveaux records.
Toutefois, les analystes affirment que les mornes perspectives de croissance du pays et la volatilité des marchés pourraient empêcher le gouvernement de respecter ses objectifs de déficit.
« Etant donné que, selon nous, les perspectives de croissance seront revues à la baisse dans la zone euro et que l'incertitude fait rage sur les marchés financiers, ces mesures ne seront peut-être pas suffisantes pour permettre au pays d'atteindre ses objectifs de déficit », a déclaré Marco Valli, économiste spécialisé dans la zone euro chez UniCredit.
Il a néanmoins souligné qu'il pensait que le gouvernement prendrait des mesures supplémentaires si nécessaire pour s'assurer de respecter ses objectifs.
L'Espagne prévoit de ramener son déficit à 6 % du produit intérieur brut cette année. Le gouvernement a réduit son déficit à 9,2 % en 2010 contre 11,1 % en 2009.
L'écart entre la prime de risque sur les obligations espagnoles à 10 ans et celle des Bünde allemandes s'est réduit, après avoir atteint un record de plus de 400 points de base en août, grâce à l'achat d'obligations par la Banque centrale européenne (BCE).
Aujourd'hui, le spread était d'environ 288 bps, ce qui correspond à peu de changement par rapport à hier, et suit la dette italienne qui a elle aussi été achetée par la BCE.
La réduction temporaire à 4 % (contre 8 % auparavant) des impôts sur l'achat de maisons neuves a pour but de vendre environ un million de maisons invendues et de stimuler le marché espagnol de l'immobilier, en péril.
Le secteur du logement et de la construction ont été le moteur de l'Espagne lors d'une période de forte croissance qui a duré une décennie. Le secteur a cependant subi les affres de la crise en 2008, entraînant le pays dans sa pire récession en cinquante ans, avec le taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne.
L'Espagne est sortie de la récession, mais la croissance économique stagne.
Même si les mesures d'austérité peuvent paraître bien faibles étant donné la situation, elles pourraient compenser les éventuels dépassements des objectifs de déficit dans les 17 régions autonomes du pays, une perspective qui continue d'inquiéter les marchés.
Le parlement sera convoqué la semaine prochaine pour voter sur ces mesures et devrait donner son accord.
Le premier ministre, José Luis Rodriguez Zapatero, a avancé les élections de quatre mois, espérant prendre l'avantage grâce à la baisse du taux de chômage enregistrée lors de la saison touristique estivale.
EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet