L'Espagne nie avoir besoin d'un renflouement

Le ministre espagnol de l'économie et des fonctionnaires de l'Union européenne ont affirmé hier (10 avril) que le pays n'avait pas besoin d'un renflouement international comme ce fut le cas pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

EURACTIV.com / Reuters
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Le ministre espagnol de l'économie et des fonctionnaires de l'Union européenne ont affirmé hier (10 avril) que le pays n'avait pas besoin d'un renflouement international comme ce fut le cas pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Le ministre de l'économie, Luis de Guindos, a déclaré à la presse que l'Espagne n'avait pas besoin d'un plan de sauvetage pour l'instant, dans la mesure où les liquidités fournies par la Banque centrale européenne ont suffi pour protéger le secteur bancaire du pays en difficulté.

Le déficit budgétaire de l'Espagne et sa dette qui ne fait que croître inquiètent les investisseurs. De hauts fonctionnaires de l'UE ont toutefois expliqué que Bruxelles poussait le gouvernement espagnol à mettre en oeuvre des réformes difficiles et qu'il n'était pour l'instant pas question de renflouer le pays, malgré une nette augmentation des rendements obligataires espagnols.

Le premier ministre, Mariano Rajoy, a annoncé de nouvelles réductions des dépenses lundi dans le but de revenir sous la limite de déficit budgétaire imposée par l'UE. Cette initiative a été saluée par l’Union, mais de nombreux analystes craignent que ces mesures ne fassent que plonger le pays dans une récession plus grave encore, un scénario qui selon le gouverneur de la banque centrale espagnole, Miguel Ángel Fernández Ordóñez, pourrait entraîner un besoin accru de capitaux pour les banques.

« Si l'économie espagnole finit par se relever, les mesures qui ont été prises seront suffisantes, mais si l'état de l'économie s'aggrave plus que prévu, il sera nécessaire d'augmenter les capitaux pour solidifier le système », a-t-il expliqué lors d'une conférence à Madrid.

Selon les prévisions, l'économie devrait se contracter de 1,7 % cette année, mais la situation devrait empirer lorsque le gouvernement réduira de 27 milliards d'euros le budget et de plusieurs autres milliards les dépenses dans les 17 communautés autonomes du pays.

M. Ordóñez a déclaré qu'il était peu probable que le pays connaisse une reprise vigoureuse à court terme.

« Les solutions à la crise causée par une dette excessive ou le manque de compétitivité prennent beaucoup de temps au sein de l'union monétaire et c'est la raison pour laquelle nous devons rester vigilants », a-t-il affirmé.

La dernière réforme du secteur bancaire mise en oeuvre il y a deux mois a poussé les banques à mettre de côté 50 milliards d'euros pour éponger les pertes sur l'immobilier et encourager les fusions, ainsi que les économies sans puiser dans les fonds de l'Etat.

Le gouvernement affirme qu'il n'aura pas besoin d'injecter plus de fonds dans le système bancaire, mais bon nombre d'analystes restent sceptiques quant au fait que pousser les concurrents plus faibles dans les bras des acteurs plus solvables soit suffisant pour combler le manque de financements.

Les maigres résultats de la vente d'obligations espagnoles de la semaine dernière ont renforcé les inquiétudes des investisseurs quant à l'état de l'économie du pays.

Les rendements obligataires à 10 ans ont grimpé de 17 points de base à 5,95 % après avoir gagné 25 points de base la semaine dernière. L'écart (spread) avec le Bund allemand est à son plus haut niveau depuis début décembre, avant que la Banque centrale européenne ne renfloue les banques avec des liquidités bon marché à trois ans.

Les obligations italiennes sont également sous pression, dans la mesure où les experts les considèrent comme vulnérables en raison des problèmes de l'Espagne.