L’Europe doit consolider son mécanisme de crise, selon le FMI
Dominique Strauss-Kahn doit présenter aux ministres européens des Finances les principales conclusions d’un rapport de son institution. Le texte affirme notamment que la zone euro doit augmenter la dotation financière du Fonds européen de stabilité financière.
Dominique Strauss-Kahn doit présenter aux ministres européens des Finances les principales conclusions d’un rapport de son institution. Le texte affirme notamment que la zone euro doit augmenter la dotation financière du Fonds européen de stabilité financière.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, s’apprête à présenter à l’Eurogroupe, lundi 6 décembre, les conclusions d’un rapport sur l’économie de la zone euro.
Dans ce texte, dont Reuters a pris connaissance, le FMI affirme que la zone euro doit augmenter la dotation financière de son mécanisme de crise. L’institution préconise aussi l’augmentation des achats d’obligations par la Banque centrale européenne pour éviter que la crise de la dette souveraine n’entrave la reprise économique mondiale.
« La tempête financière qui affecte la périphérie (de la zone euro) constitue un grave risque à la baisse » pour la croissance économique et pourrait faire capoter la reprise, juge le FMI.
Initiatives « insuffisantes »
Le Fonds compte faire savoir aux ministres des Finances de la zone euro que le programme d’aide à l’Irlande de 85 milliards d’euros agréé fin novembre et le projet de pérenniser le mécanisme de gestion des crises sont de bonnes initiatives mais insuffisantes.
L’Union européenne a décidé de maintenir après 2013 le mécanisme permanent de gestion des crises, qui comportera une participation progressive du secteur privé.
Le MES (Mécanisme européen de stabilité) se substituera à l’actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF). »Beaucoup de choses plaident pour une augmentation des ressources mises à la disposition de ce mécanisme et pour un emploi plus souple de celles-ci, y compris dans le but de fournir un soutien plus efficace au système bancaire », poursuit le FMI.
Le FESF est pour l’instant doté de 750 milliards d’euros. Il est destiné à aider financièrement des pays dans la nécessité en échange de réformes et de mesures d’austérité.
La BCE approuve
Le ministre des Finances belge Didier Reynders s’est dit favorable, samedi 4 décembre, à ce que le mécanisme européen de gestion des crises bénéficie de plus de fonds qu’il n’en dispose actuellement. Il a estimé qu’une telle augmentation pourrait avoir lieu avant 2013.
L’idée d’abonder encore ce mécanisme, à laquelle est favorable par exemple le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, n’est toutefois pas du goût de tout le monde, et en particulier de l’Allemagne, qui avait déjà critiqué à la mise en place du FESF.
Pour éviter que le coût d’emprunt de pays tels que le Portugal et l’Espagne ne s’envole, la BCE a acheté certaines de leurs obligations sur le marché, mais dans des montants bien inférieurs à ce qui se pratique aux États-Unis.
Sanctions automatiques
Les mesures exceptionnelles de la BCE, en matière d’allocation de liquidité et d’achats d’obligations, ainsi que les mesures de soutien au secteur bancaire de l’Union européenne, doivent rester en place et même être développées jusqu’à ce que l’incertitude systémique se soit apaisée. Après quoi, elles pourront être retirées progressivement, recommande le Fonds.
Il ajoute que si les risques à la baisse pour les perspectives de croissance venaient à se concrétiser et que se manifestaient des pressions déflationnistes, la BCE devrait réduire les taux d’intérêt.
Enfin, le FMI observe que la réforme du cadre budgétaire de l’UE doit être plus rigoureuse et les sanctions s’appliquer plus automatiquement aux contrevenants.