L’Europe serait menacée par un resserrement du crédit

Plusieurs documents préparés par des responsables financiers européens en vue de la réunion Ecofin des 16 et 17 septembre mettent en garde contre le risque d’une nouvelle crise du crédit bancaire.

EURACTIV.fr

Plusieurs documents préparés par des responsables financiers européens en vue de la réunion Ecofin des 16 et 17 septembre mettent en garde contre le risque d’une nouvelle crise du crédit bancaire.

La perspective d’un « cercle vicieux entre la dette souveraine, le financement des banques et la croissance négative » pourrait provoquer un gel du crédit. C’est ce que révèle un document préparatoire du Comité économique et financier.

En cas de problèmes de financement, et étant donné le degré d’aversion au risque, le désendettement des établissements bancaires pourrait se faire au détriment de l’activité économique.

A la veille d’une réunion informelle des ministres des Finances européens, les 16 et 17 septembre, ces documents illustrent l’inquiétude sur la situation du secteur bancaire.

Risques de financement

L’un des textes révèle notamment que « les risques de financement (des banques) ont augmenté pendant l’été ».

Face à la perte de confiance dans les banques européennes, les responsables du Comité appellent à une recapitalisation, en priorité de celles qui sont exposées aux pays en difficulté.

Les grandes banques françaises ont vu leur valeur boursière fondre ces dernières semaines, en raison des craintes sur les effets d’une prolongation de la crise de la dette dans la zone euro.

Débat superflu

La réaction de la France ne s’est pas faite attendre. Jeudi 15 septembre, le ministre des Finances, François Baroin, et la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse ont réaffirmé que les banques françaises étaient « solides ».

« Il n’y a aucun problème ni de solvabilité ni de liquidité », a déclaré, sur LCI, la ministre du Budget.

Interrogé par France Info, François Baroin a estimé que les banques n’avaient « pas besoin d’être recapitalisées », jugeant que ce « débat superflu » n’avait pas lieu d’être.

Il a rappelé l’engagement pris par les banquiers centraux, lors du dernier sommet du G7 à Marseille, de fournir des liquidités en cas de besoin.

Les PME inquiètes

L’organisation patronale française CGPME s’est elle aussi inquiétée, jeudi, d’une éventuelle raréfaction du crédit aux entreprises si la fragilisation du système bancaire français devait se poursuivre.

« Il est aujourd’hui impératif de rétablir la confiance en garantissant une réelle transparence », a-t-elle expliqué dans un communiqué. « Tout doit être mis en œuvre pour consolider le système bancaire, y compris un engagement fort des pouvoirs publics au niveau national et européen ».

Bonnes intentions

La frilosité des marchés a conduit, cette semaine, deux grandes banques françaises à prendre des mesures pour accroître leurs fonds propres.

La Société générale a annoncé, lundi, son intention de procéder à des cessions d’actifs et de réduire certaines de ses activités pour renforcer ses fonds propres de quatre milliards d’euros d’ici 2013.

Deux jours plus tard, BNP Paribas déclarait à son tour vouloir réduire la taille de son bilan de l’ordre de 10% d’ici la fin 2012.