L’Occident accordera la pleine souveraineté au Kosovo
Les puissances occidentales s'apprête à accorder au Kosovo aujourd’hui (10 septembre) la pleine souveraineté sur son territoire et à mettre fin à la supervision internationale de cette ancienne province serbe qui a unilatéralement déclaré son indépendance en 2008.
Les puissances occidentales s'apprête à accorder au Kosovo aujourd’hui (10 septembre) la pleine souveraineté sur son territoire et à mettre fin à la supervision internationale de cette ancienne province serbe qui a unilatéralement déclaré son indépendance en 2008.
Dans la capitale du Kosovo, Pristina, les préparations vont bon train pour la célébration de la fin de la période d'« indépendance supervisée » par le Groupe de pilotage international créé dans le cadre des recommandations soumises par l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari en 2007.
Ce groupe de 25 pays a été formé le 28 février 2008, 11 jours après que le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance. En juillet, le groupe a pris la décision de mettre un terme à la supervision du Kosovo et le 7 septembre dernier, le parlement kosovar a approuvé tous les changements constitutionnels nécessaires à l'octroi au pays d'une indépendance totale.
Le gouvernement a qualifié cette journée d'historique et de « début d'une nouvelle ère ».
La fin de la supervision internationale n'affectera pas la présence des forces de maintien de la paix (Le KFOR de l'OTAN) ou la mission EULEX sur l'Etat de droit qui vise à améliorer le système judiciaire du pays.
Pieter Feith, le diplomate néerlandais à la tête de représentants de la scène internationale présents à Pristina, devait annoncé la levée des mesures de supervision et la fermeture du Bureau civil international créé par le groupe de pilotage, afin de faciliter la transition du Kosovo vers l'indépendance et l'intégration européenne.
Dans un commentaire publié dans les médias occidentaux, le premier ministre, Hashim Thaci, a qualifié la progression du Kosovo de « victoire des valeurs démocratiques », mais il a tenu à préciser que si son pays ne pouvait pas encore miser sur une future adhésion à l'UE, cette nation prometteuse pourrait être tentée de retomber dans les travers du passé.
Le Kosovo est confronté à de nombreux défis. Il ne contrôle toujours pas la région de Mitrovica au nord du pays, principalement peuplée par des Serbes. Le Kosovo est le pays d'Europe qui enregistre le plus faible revenu moyen annuel (environ 2000 euros) et son taux de chômage avoisine les 43 %. Le crime organisé et la corruption semblent profondément ancrés dans la société.
En outre, des révélations sur le trafic d'organes de prisonniers perpétré par l'armée de la libération du Kosovo à la fin des années 1990 pourraient ternir la célébration de l'indépendance. BETA, l'agence de presse partenaire d'EURACTIV en Serbie, a rapporté le 9 septembre dernier que le procureur du pays pour les crimes de guerre, Vladimir Vuk?evi?, avait trouvé un témoin oculaire qui aurait participé à une opération visant à prélever le coeur d'un prisonnier serbe pour le marché international des organes.
Les membres du groupe de pilotage sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l'Estonie, les Etats-Unis, la Finlande, la France, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suisse, la Suède et la Turquie.