L’OCDE critique l’utilisation des aides agricoles européennes
Selon un rapport de l’organisation internationale, l’effort financier de l’Union européenne vers l’agriculture n’est pas orienté de façon adéquate.
Selon un rapport de l’organisation internationale, l’effort financier de l’Union européenne vers l’agriculture n’est pas orienté de façon adéquate.
Les conclusions de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) sont sur certains aspects, du pain béni pour les projets de la Commission européenne.
Plafonner les aides
Alors que cette dernière doit présenter sa réforme de la politique agricole commune d’ici une semaine, l’OCDE juge que le système actuel distribue trop d’aides à des entreprises ou exploitations qui n’en ont pas besoin. Le rapport précise que « 25% des plus grandes exploitations reçoivent 74% du soutien total ». Le revenu moyen de ces fermes est de 73 000 euros, soit trois fois la moyenne française.
Cette étude constitue ainsi un argument de plus pour le commissaire à l’Agriculture Dacian Ciolos qui souhaite plafonner les aides à 300 000 euros et les rendre dégressives à partir de 150 000. Cette proposition pourrait être difficile à accepter pour certains États comme l’Allemagne, où les grandes exploitations sont nombreuses.
Autre phénomène relevé par l’OCDE, le nombre de « propriétaires terriens non agriculteurs » qui « s’approprient une part croissance de l’aide ».
Soutien plus réduit
En prenant du recul, l’organisation international considère toutefois que « l’ensemble des réformes de la PAC des 25 dernières années ont accru de manière sensible et continue l’orientation marché du secteur, réduit les distorsions et amélioré la capacité de la PAC à transférer des revenus aux agriculteurs ».
Même si, dans l’ensemble, le soutien s’est réduit au fil des années. « Il représentait 22 % des recettes annuelles totales des agriculteurs sur la période 2008-2010, contre 39 % sur la période 1986-1988 ». La hausse des prix des matières premières devrait être utilisée pour poursuivre cette tendance et réduire les dépenses de paiements directs.
Réorienter les aides
L’organisation est en revanche plus prudente sur les mesures environnementales dont les « résultats font débat » et sont « difficiles à mesurer ». Le rapport propose tout de même « d’améliorer la performance » dans ce domaine. Dans ses projets de réformes, l’exécutif européen voudrait conditionner jusqu’à 30% des aides au respect de critères environnementaux.
La vision générale de l’organisation internationale reste libérale. Elle propose de « supprimer les derniers obstacles au fonctionnement des marchés des intrants et des produits, et de poursuivre l’ouverture du marché européen ». L’OCDE reconnaît tout de même la nécessité de « mettre en place à l’échelle de l’UE, un cadre (…) de gestion des risques » mais « sans empiéter sur les domaines dans lesquels le secteur privé offre déjà des solutions ».
Cette refonte de la PAC à venir, l’OCDE la perçoit comme « une occasion de délaisser le soutien des revenus en général pour privilégier les investissements dans un secteur agroalimentaire fort et compétitif ». La Commission européenne prévoit pour cela de réorienter le Fonds européen agricole de développement rural vers l’innovation et la recherche pour favoriser « une agriculture de la connaissance ».