L'opposition turque intensifie la campagne référendaire
Le principal parti de l'opposition, le CHP, a approfondi son hostilité à l'égard des amendements constitutionnels proposés par le parti dirigeant, l'AKP, qui feront l'objet d'un référendum le 12 septembre.
Le principal parti de l'opposition, le CHP, a approfondi son hostilité à l'égard des amendements constitutionnels proposés par le parti dirigeant, l'AKP, qui feront l'objet d'un référendum le 12 septembre.
Le leader du CHP Kemal K?l?çdaro?lu a réitéré son appel à tous les "démocrates" en Turquie à voter contre les amendements constitutionnels dans une lettre de huit pages qui a circulé dans la presse bruxelloise hier (1er septembre).
La lettre apporte des détails complets des raisons qui se trouvent derrière l'opposition du CHP aux amendements. Jusqu'ici, les raisons ont été formulées seulement en termes généraux, se référant à la politisation du système judiciaire qui favorise le parti dirigeant du premier ministre Recep Tayyip Erdo?an.
Si le paquet de l'AKP entre en vigueur, la Turquie deviendra bientôt un régime autoritaire dominé par un parti unique, a prévenu le leader du CHP.
Dans sa lettre, M. K?l?çdaro?lu explique que l'autorité judiciaire de la Turquie le High Board for Judges and Public Prosecutors (haut conseil de la magistrature et des procureurs, HBJP) devrait suivre les valeurs et standards européens les plus importants et les plus progressistes. Le CHP insiste donc pour que le ministre de la justice ne soit pas le président du HBJP et n'ait pas le pouvoir de contrôler le système judiciaire.
D'après les amendements de l'AKP, le ministre devrait continuer de président le haut conseil.
Le principal parti de l'opposition déclare également que le secrétaire général du ministre de la justice ne devrait pas être membre du HBJP, comme le propose l'AKP dans ses amendements, et ne devrait pas avoir le pouvoir de bloquer son fonctionnement et son impartialité.
Le président du haut conseil doit être élu par ses membres, poursuit le CHP, ajoutant que l'autorisation de démarrer une interrogation contre les juges et les procureurs ne devrait pas appartenir seulement au ministre de la justice mais au HBJP lui-même.
D'après l'AKP, l'autorisation de diriger et de représenter le haut conseil est attribuée au ministre de la justice, tout comme l'autorisation de nommer le secrétaire général du haut conseil.
Dans sa lettre, M. K?l?çdaro?lu met en garde contre l'autoritarisme grandissant sous le gouvernement de l'AKP, l'enregistrement téléphonique arbitraire par les autorités, les enquêtes visant à faire taire les opposants et la pression mise sur les médias, qui créent une société de la peur en Turquie.
M. K?l?çdaro?lu, qui a été récemment élu leader du CHP, devrait rendre sa première visite à Bruxelles peu de temps après le référendum. Le CHP est affilié à l'international socialiste.