La candidature d'adhésion à l'UE de la Serbie dans l'impasse

Le pays a été bloqué par la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l'Estonie, la Finlande, la Lituanie, les Pays-Bas et la Suède

EURACTIV.com
Marta Kos, commissaire chargée de l'élargissement [Photo : Elisa Schu/picture alliance via Getty Images]

Huit capitales nationales se sont opposées à une proposition de la Commission européenne visant à ouvrir un nouveau « volet » de négociations d’adhésion à l’UE avec la Serbie et l’ont bloquée, ce qui signifie que les efforts visant à accélérer le processus pour Belgrade ont atteint une impasse.

Selon des diplomates, les ambassadeurs de la Belgique, de la Bulgarie, de la Croatie, de l’Estonie, de la Finlande, de la Lituanie, des Pays-Bas et de la Suède se sont fermement opposés à l’ouverture de négociations sur l’alignement de la Serbie sur le marché unique.

Trois autres pays – le Danemark, la Lettonie et le Luxembourg – se sont montrés moins opposés, mais ne sont pas convaincus que Belgrade ait rempli ses obligations en matière de lutte contre la corruption, d’application des sanctions contre la Russie et de protection de la liberté de la presse.

Un diplomate a fait remarquer qu’avec « un groupe aussi important s’opposant sur des questions aussi fondamentales », il est impossible d’imaginer que la proposition soit acceptée dans un avenir proche.

Le soutien unanime de chacun des 27 États membres de l’UE est nécessaire pour ouvrir et clore n’importe lequel des six « volets » de négociation, qui correspondent à des domaines thématiques du droit et de la politique, ce qui rend le chemin vers l’adhésion difficile.

La Commission a fait valoir, lors d’une réunion du Coreper mercredi, que la Serbie avait « mis en œuvre des éléments substantiels » et « remédié aux reculs constatés », mais ces arguments ont été rejetés.

Marta Kos, commissaire chargée de l’élargissement, figure parmi les fervents partisans d’un rapprochement de la Serbie avec l’UE, une position soutenue par l’Allemagne.

Ce revers pour Belgrade constitue un échec pour la politique de la Commission consistant à recourir à une « intégration progressive », notamment au sein du marché unique, pour rapprocher les pays.

Les partisans de la Serbie considèrent l’élargissement dans les Balkans occidentaux comme une stratégie géopolitique essentielle pour soustraire les voisins de l’UE à l’influence russe et chinoise, mais les opposants craignent que Belgrade ne soit récompensée alors même qu’elle fait marche arrière en matière de réformes démocratiques et judiciaires.

« Le problème, lorsqu’on intègre des pays trop rapidement, c’est qu’on finit par importer des problèmes géopolitiques au cœur même du processus décisionnel de l’UE », a déclaré un diplomate d’un pays opposé à cette adhésion.

La Serbie a officiellement déposé sa candidature à l’adhésion à l’UE en 2009 et est devenue candidate officielle il y a 14 ans, au terme d’un long processus qui a déçu de nombreux Serbes.

(mm)