L’Otan et la Russie s’accordent sur un bouclier anti-missile
Les deux anciens ennemis de la guerre froide ont affirmé vouloir se doter d’une défense commune. Selon Nicolas Sarkozy, "la menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran".
Les deux anciens ennemis de la guerre froide ont affirmé vouloir se doter d’une défense commune. Selon Nicolas Sarkozy, « la menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran ».
Les pays de l’Otan et la Russie étudieront ensemble la possibilité d’une défense anti-missile. Une nouvelle annoncée au sommet de l’Otan, samedi 20 novembre à Lisbonne. Les deux anciens blocs, ennemis au temps de la guerre froide, marquent ainsi un rapprochement spectaculaire.
Dans une déclaration conjointe, ils ont par ailleurs dit vouloir approfondir leur coopération en matière de contrôle des armements conventionnels, sur le dossier afghan ainsi que sur des questions comme le contre-terrorisme et la piraterie.
« Nous nous sommes mis d’accord sur une évaluation commune de la menace posée par les missiles balistiques », est-il indiqué dans la déclaration, rendue publique après la réunion entre le président russe Dmitri Medvedev et ses 28 homologues de l’Otan.
« Nous demandons au Conseil Otan-Russie de préparer une analyse conjointe d’un futur cadre de coopération sur le bouclier antimissile », est-il encore écrit. Ce travail devra être achevé avant juin 2011.
Missiles intercepteurs
Ce dispositif, proposé par les États-Unis, comprendra des missiles intercepteurs américains déployés en Europe en quatre étapes, d’abord sur des navires, puis également à terre, au cours des dix ans à venir.
Le futur bouclier antimissile « offre un rôle à tous nos alliés », a souligné le président américain Barack Obama dans la capitale portugaise. « Il répond aux menaces de notre temps ».
Moscou craint cependant de voir le bouclier de l’Otan, qui devrait être en mesure d’intercepter les missiles intercontinentaux les plus puissants à l’horizon 2020, être avant tout une arme dirigée contre sa propre dissuasion.
Samedi, Dmitri Medvedev a d’ailleurs insisté sur ce point et a posé comme condition que la participation à ce bouclier antimissile se fasse « sur un pied d’égalité ». « Ou c’est une relation entre partenaires (…) ou nous n’y prenons pas part du tout », a-t-il dit.
Menace de l’Iran
Afin de lever toute ambiguïté envers Moscou, les dirigeants de l’Otan ont insisté sur le fait que ce dispositif vise clairement l’Iran, soupçonné de vouloir se doter de l’arme atomique et qui possède déjà des missiles balistiques.
« Aucun nom ne figure dans les documents publics de l’Otan mais la France appelle un chat un chat. La menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran », a dit le président de la République Nicolas Sarkozy.
« Donc, si un jour l’Iran tire un missile vers l’Europe, il est certainement souhaitable qu’on puisse l’intercepter », a-t-il ajouté à l’issue du sommet.
Il a par ailleurs insisté sur le fait que ce sommet Otan-Russie avait été l’occasion de rassurer les anciens membres du bloc soviétique, réticents à cette coopération.
« Le Pacte de Varsovie, c’est fini »
C’est une décision historique qui, en Europe, ne va pas de soi. Les histoires du XXe siècle ont laissé des brûlures qui sont encore bien vivantes », a dit le président de la République Nicolas Sarkozy.
« A nous de pousser (…) pour que chacun comprenne bien que la fin de la guerre froide ouvre la page d’une nouvelle relation apaisée et confiante (…) L’Union soviétique, c’est fini. Le Pacte de Varsovie, c’est fini », a-t-il ajouté.
De son côté, Barack Obama s’est félicité de la présence de son homologue russe à Lisbonne et il a dit qu’il fallait voir la Russie « comme un partenaire, pas comme un adversaire ».
Il a poursuivi que cela valait non seulement pour la coopération sur le bouclier antimissile mais aussi pour la coopération en matière de contre-terrorisme, et de lutte contre le trafic de drogue.