L’UE a réduit son aide au développement de 4,3 %
Bruxelles a demandé aux États membres d’honorer leurs engagements en matière d’aide, car leurs contributions aux pays les plus pauvres de la planète ont chuté de 2,3 milliards d’euros en 2012, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié hier (3 mars). L’UE risque donc de ne pas remplir les objectifs de l’ONU.
Bruxelles a demandé aux États membres d’honorer leurs engagements en matière d’aide, car leurs contributions aux pays les plus pauvres de la planète ont chuté de 2,3 milliards d’euros en 2012, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié hier (3 mars). L’UE risque donc de ne pas remplir les objectifs de l’ONU.
Il s'agit de la deuxième baisse annuelle consécutive dans l’aide à l'étranger. Certains craignent donc que l'UE ne puisse pas respecter ses engagements vis-à-vis de l'ONU pour 2015, à savoir l'allocation de 0,7 % du revenu national brut (RNB) à l'aide.
L'année dernière, les États de l'UE membres du Comité d'aide au développement (CAD), un groupe de 25 pays riches de l'OCDE, ont octroyé 50,5 milliards d'euros à l'aide publique au développement (APD), contre 52,8 milliards d'euros en 2011. L'Union européenne dans son ensemble a envoyé 55,1 milliards d'euros en 2012, une baisse de 1,1 milliard d'euros par rapport à l'année précédente, selon les données de l'OCDE.
Les pays de l'UE ont consacré l'équivalent de 0,39 % de leur RNBà l'aide à l'étranger, contre 0,42 % en 2012. L'ensemble de l'UE a donné 0,43 % alors qu'elle avait octroyé 0,45 % l'année précédente.
Andris Piebalgs, le commissaire européen en charge du développement, a indiqué dans un communiqué : « C'est avec regret que je constate que les États membres réduisent leur budget d'APD. L'UE demeure le principal donateur, mais nous ne nous rapprochons pas de l'atteinte de notre objectif collectif d’allocation de 0,7 % du revenu national brut (RNB) à des fins de développement. »
Crise
À l'exception de l'Autriche (+ 6,1 %) et du Luxembourg (+ 9,8 %), tous les autres États membres de l'UE ont réduit leur budget d'aide. L'Espagne (-49,7 %), l'Italie (-34,7 %), la Grèce (-17 %), et le Portugal (-13,1 %), tous frappés par l'austérité, sont les pays à avoir diminué le plus l'aide au développement au sein des membres du CAD.
Les plus grands contributeurs européens, l'Allemagne (-0,7 %), la France (-10 %) et le Royaume-Uni (-2,2 %) ont également légèrement réduit l'ensemble de l'aide à l'étranger.
L'OCDE et la Commission européenne ont tenu la crise financière et les troubles de zone euro responsables de ce déclin, car beaucoup de pays connaissent des difficultés afin d'équilibrer leur budget national.
« Je me rends compte que les États membres de l'UE sont dans une situation difficile en raison de la crise actuelle, mais nous devons respecter nos engagements », a déclaré Andris Piebalgs.
Sur la bonne voie
L'Autriche et le Luxembourg ont augmenté leurs aides respectivement en raison d'opérations d'allégement de la dette avec l'Afrique subsaharienne et d'une augmentation de subventions bilatérales.
L'exécutif européen a déclaré que seuls le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suède avaient déjà respecté l'objectif de 0,7 % du RNB.
L'OCDE a insisté sur le fait que la réduction britannique reflétait des allocations de budget mises en place pour garantir que la contribution du gouvernement aux APD soit de 0,56 % du RNB en 2012 et de 0,7 % en 2013, en vue de se conformer aux objectifs d'aide des Nations unies.
Les pays du CAD en dehors de l'UE ont enregistré de meilleurs résultats : la Corée (+17,6 %), l'Australie (+9,1 %) et le Canada (+4,1 %) ont augmenté leurs aides de manière considérable, grâce à l'expansion de leurs programmes d'aides et à une augmentation des subventions bilatérales dans le cas du Canada.
Les 25 membres du CAD ont alloué 97,8 milliards d'euros nets à l'APD, une réduction de 4 % par rapport à 2011, alors que les subventions avaient diminué de 2 % en comparaison avec 2010. Ce montant représentait 0,29 % de leur revenu national brut combiné.
L'UE restait le plus grand donateur du monde, car elle a fourni plus de la moitié de l'APD de l'OCDE.
Les ministres européens se sont engagés à débloquer 58,7 milliards d'euros d’aide à l'étranger pour la période 2014-2020, alors que la Commission avait proposé 70 milliards d'euros au départ.
L'exécutif européen considère l'aide comme un investissement à long terme. « La situation actuelle dans la région du Sahel ou dans la Corne de l'Afrique nous rappelle qu'il est plus efficace d'investir dans le développement et d'éliminer les causes de la pauvreté que de traiter les symptômes après coup », a ajouté M. Piebalgs.
Selon une enquête de l'Eurobaromètre publiée en octobre 2012, 85 % des citoyens de l'UE interrogés estimaient que l'Europe devrait continuer à accorder de l'aide aux pays en développement.