L'UE accepte de reparler à l'Iran de son programme nucléaire
Les négociateurs de l'UE et l'Iran ont décidé jeudi (2 août) de discuter à nouveau du programme nucléaire de Téhéran, mais l'Union européenne ne semble pas convaincue de la possibilité de résoudre ce conflit sous peu.
Les négociateurs de l'UE et l'Iran ont décidé jeudi (2 août) de discuter à nouveau du programme nucléaire de Téhéran, mais l'Union européenne ne semble pas convaincue de la possibilité de résoudre ce conflit sous peu.
Six puissances mondiales, représentées par la haute responsable de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, tentent de convaincre l'Iran de réduire son programme nucléaire en intensifiant leurs sanctions économiques et en misant sur la diplomatie.
Elles ne sont toutefois pas parvenues à des avancées significatives malgré trois cycles de négociations depuis avril. Ni l'Iran, ni l'Occident ne souhaitent toutefois baisser les bras par peur d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient si Israël décidait d'attaquer son ennemi juré.
Les accords éventuels devraient être conclus au cours des négociations politiques entre l'Iran et les six pays négociateurs (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne). Les diverses parties ne sont toutefois pas parvenues à se mettre d'accord sur une nouvelle rencontre, les relations diplomatiques étant dans l'impasse depuis juin dernier.
« J'ai […] exploré divers moyens diplomatiques de pallier les inquiétudes internationales sur le programme nucléaire de l'Iran », a déclaré Mme Ashton dans un communiqué à l'issue d'une conversation téléphonique avec le négociateur en chef iranien, Saeed Jalili.
« J'ai souligné la nécessité que l'Iran réponde aux questions que nous avons soulevées pour construire une relation de confiance. J'ai proposé, et le Dr Jalili a accepté, que nous discutions, après avoir mûrement réfléchi, à la fin du mois. »
Depuis que les négociations ont abouti à une impasse à Moscou en juin dernier, les experts des deux parties mènent des discussions techniques pour clarifier les différents aspects du programme nucléaire iranien. Les Occidentaux craignent en effet que l'objectif du pays soit de produire des armes. Ces discussions n'ont toutefois donné lieu qu'à de maigres résultats, ont expliqué des diplomates.
Téhéran martèle que ce programme n'est mené qu'à des fins pacifiques. Les discussions se concentrent surtout sur la volonté de l'Iran d'enrichir de l'uranium à une pureté fissile de 20 %, une avancée qui lui permettrait de se rapprocher des matières nécessaires pour la fabrication d'armes nucléaires.
Les grandes puissances mondiales ont exigé cette année que les autorités iraniennes stoppent la production, qu'elles fassent sortir les réserves du pays et qu'elles ferment des installations souterraines où l'enrichissement a lieu. Téhéran refuse toutefois de répondre à ces exigences tant que les sanctions économiques n'auront pas été levées.
Dans le même temps, les tensions politiques se sont intensifiées lorsque mercredi, Israël a prévenu le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta, qu'il commençait à perdre patience.
Cette semaine, le Congrès américain a adopté un nouveau paquet de sanctions contre l'Iran, qui vise à punir les banques, les compagnies d'assurance et les transporteurs qui aident Téhéran à vendre son pétrole. Ces mesures font suite à un embargo européen sur le brut iranien mis en place début juillet.