L'UE approfondit ses relations avec la Libye [FR]

Le 27 février, la Commission a annoncé sa proposition d'entamer des négociations sur le premier accord cadre avec la Libye, incluant un accord de libre-échange destiné à ouvrir la voie vers l'adhésion du pays à l'OMC. 

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Le 27 février, la Commission a annoncé sa proposition d’entamer des négociations sur le premier accord cadre avec la Libye, incluant un accord de libre-échange destiné à ouvrir la voie vers l’adhésion du pays à l’OMC. 

Hormis le commerce, les négociations portent principalement sur l’énergie et la migration comme domaines potentiels de coopération. La Libye est considérée comme un partenaire clé dans le contrôle  de l’immigration illégale en provenance d’Afrique et joue un rôle important dans la stratégie européenne visant à diversifier ses approvisionnements en énergie, la Libye comptant parmi les principaux producteurs de pétrole du monde.

Actuellement, l’UE et la Libye n’entretiennent pas de relations diplomatiques : les accords n’ont lieu que dans le cadre de la politique de voisinage de l’Union, qui inclut 17 pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, la Russie et les anciennes Républiques soviétiques, ainsi que le partenariat euroméditerranéen. 

Benita Ferrero-Waldner, commissaire aux Relations extérieures, estime qu’il s’agit d’une décision « historique » et espère que cela créera des relations solides et durables. Elle a applaudi le rôle de la Libye d’acteur important dans la région méditerranéenne et en Afrique.

La Commission entamera les négociations une fois que les Etats membres auront donné leur feu vert, a déclaré Mme Ferrero-Waldner, qui espère finaliser les discussions d’ici la fin de l’année.

Les relations de l’UE avec la Libye ont été interrompues pendant plusieurs années au motif que Tripoli soutenait le terrorisme. L’Union a renoué les liens avec le pays en juillet 2007 après que la libération des six infirmières bulgares accusées d’avoir injecté à plus de 400 enfants du sang contaminé au VIH/sida. L’UE et les Etats-Unis considéraient cette étape comme essentielle pour améliorer les relations avec la Libye.

Avant cet accord, qui comprenait la signature d’un protocole d’accord sur le commerce et d’autres domaines, Mme Ferrero-Waldner et Mme Cécilia Sarkozy, alors première dame de France, s’étaient rendues dans le pays.

Le lendemain de la libération, le président français Nicolas Sarkozy a rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à Tripoli pour signer des accords dans les domaines de la sécurité, des soins de santé et de l’immigration. Les deux dirigeants ont également accepté de coopérer sur un projet d’énergie nucléaire qui transformera l’eau de mer en eau potable (EURACTIV 27/07/08). En décembre dernier, M. Kadhafi, pour la première fois depuis 34 ans, s’est rendu à Paris pour rencontrer M. Sarkozy. 

La Libye a commencé à émerger de son statut de paria en 2004 après que M. Kadhafi a abandonné le programme d’armement nucléaire du pays. Les relations avec l’UE se sont encore améliorées lorsque la Libye a par la suite accepté de porter la responsabilité et d’indemniser les familles des victimes pour l’explosion du boeing de la PANAM en 1988 au dessus de la ville écossaise de Lockerbie, qui a fait 270 morts.

Les Etats-Unis ont entièrement repris les relations diplomatiques en mai 2007 et ont ensuite supprimé la Libye de la liste des  Etats soutenant le terrorisme.
Le retour de la Libye sur la scène internationale en tant que pays respecté a récemment été favorablement accueilli en janvier quand le pays a présidé le Conseil de sécurité de l’ONU.

Malgré ces améliorations, les groupes de défense des droits de l’Homme continuent de critiquer les limites strictes imposées à la liberté politique et la liberté d’expression, ainsi que le maintien de la peine de mort dans le pays.