L'UE définit des objectifs annuels de croissance pour les États membres

Afin d'aider les pays à harmoniser leurs budgets, la Commission européenne a dévoilé mercredi (12 janvier) ses premiers objectifs de croissance. Les États membres utiliseront ces repères pour afin de discipliner les pays dont les politiques de dépenses publiques se révèlent trop risquées.

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Afin d'aider les pays à harmoniser leurs budgets, la Commission européenne a dévoilé mercredi (12 janvier) ses premiers objectifs de croissance. Les États membres utiliseront ces repères pour afin de discipliner les pays dont les politiques de dépenses publiques se révèlent trop risquées.

Les 27 membres de l'Union se sont mis d'accord sur des objectifs concrets dans huit domaines, dont l'emploi, le climat et l'énergie, l'éducation et la pauvreté.

Ces objectifs concordent avec la stratégie Europe 2020 et ont été définis pour aider le continent à se remettre de la pire récession à laquelle il a dû faire face depuis des décennies.

« C'est une nouvelle phase de l'intégration européenne que nous abordons », a déclaré le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Toutefois, même la Commission reconnaît qu'atteindre ces objectifs en dix ans sera difficile pour certains pays comme l'Espagne, l'Irlande et le Portugal qui réduisent leurs dépenses et entreprennent d’énormes changements sur le marché du travail. En outre, face à de violentes manifestations et à des grèves, certains responsables politiques pourraient se montrer frileux quant à la mise en œuvre de mesures difficiles sur le long terme.

« Il y a un risque que l'ambition soit relativement peu élevée dans la définition des objectifs nationaux et que l'accent soit excessivement mis sur le court terme », écrit la Commission dans un rapport. Afin que les pays restent sur la bonne voie, une révision de mi-parcours est prévue en 2014.

Il est clair que certains dirigeants politiques continuent à se concentrer sur leur survie immédiate ou sur l'avenir de la monnaie européenne.

Plus d'argent pour le fonds de sauvetage

M. Barroso a confirmé que la Commission souhaitait que les Etats membres versent davantage d'argent dans le fonds de sauvetage temporaire d'une valeur de 440 milliards d'euros qui pourrait potentiellement aider des pays comme le Portugal ou l'Espagne à gérer leurs finances en déclin.

« Nous sommes en consultation avec les États membres sur ce point », a déclaré M. Barroso aux journalistes, ajoutant que la capacité financière du Fonds européen de stabilité financière devait être renforcée et son champ d'application élargi.

Les négociations qui ont lieu en amont de la réunion des ministres des finances la semaine prochaine comprendraient d'éventuelles mesures d'aide pour le Portugal qui pourraient inclure un prêt et des garanties d'emprunt, même si le premier ministre portugais insiste sur le fait que son pays n'a pas besoin d'un sauvetage.

Des programmes nationaux approuvés en juin

L'ébauche des programmes de réformes nationaux publiée mercredi sera débattue et officialisée par le Conseil en mars. Des recommandations nationales et des conseils spécifiques sur les politiques budgétaires de 2012 seront soumis en juin et adoptés par le Conseil en juillet. Le processus se répétera lors du premier semestre de chaque année.

Cette stratégie de surveillance a pour but de remettre les pays sur les rails s'agissant des objectifs du pacte de stabilité et de croissance qui veut que les pays maintiennent leur déficit budgétaire en dessous de 3 % du produit intérieur brut et que leur niveau d'endettement national ne dépasse pas 60 %. Actuellement, presque tous les Etats membres sont en infraction vis-à-vis d'au moins un de ces deux seuils.

Ces limites avaient été définies afin d'harmoniser les économies de la zone euro et de laisser à la Banque centrale le contrôle sur les taux d'intérêt et les autres outils monétaires. La crise de la dette a montré aux dirigeants politiques ce qui arrive lorsque leurs politiques budgétaires déraillent.

Lors d'un sommet des dirigeants de l'UE le mois dernier, la chancelière allemande, Angela merkel, a déclaré : « Nous avons besoin d'une approche plus similaire dans nos politiques économique et nous devrons en discuter au cours des prochains mois, surtout dans la zone euro. Il est non seulement important d'avoir des budgets solides et des finances stables, mais aussi d'avoir une politique économique commune. Pas à pas. Ce sera un long processus ».