L'UE durcit ses sanctions contre la Syrie
La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a annoncé des sanctions renforcées contre la Syrie hier (1er août) suite à un massacre qui a eu lieu à Hama et à la répression des manifestants par le régime.
La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a annoncé des sanctions renforcées contre la Syrie hier (1er août) suite à un massacre qui a eu lieu à Hama et à la répression des manifestants par le régime.
Les forces de sécurité syriennes ont à nouveau attaqué la ville de Hama. Il s'agirait de l'une des journées les plus sanglantes depuis le début des manifestations, selon les activistes : 130 personnes ont perdu la vie.
Les journalistes occidentaux n'ont pas le droit de séjourner en Syrie et doivent donc se baser sur le témoignage des activistes.
Mme Ashton a déclaré que l'UE avait décidé d'imposer de nouvelles mesures restrictives, sous la forme d'un gel d'actifs et d'une interdiction de voyager pour cinq Syriens liés aux actes de répression.
Un porte-parole a affirmé que la liste serait officiellement publiée demain ; elle devrait mentionner le président Bashar al-Assad, ainsi que certains de ses sbires, comme son frère Maher, le chef de la Garde républicaine, et Rami Makhlouf, son riche cousin.
Dans un communiqué, Mme Ashton a demandé au gouvernement syrien : « De répondre aux appels répétés de l'UE pour le respect de la liberté d'expression et de la liberté de réunion, de libérer les prisonniers politiques sans délai et d'instaurer un réel dialogue national inclusif ».
Elle a salué la décision du Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser une session d'urgence aujourd'hui pour aborder le problème, affirmant : « Il est temps que le Conseil de sécurité adopte une position claire sur la nécessité de mettre fin aux actes de violence ».
Les affirmations syriennes n'ont pas de sens, selon un émissaire américain
Le gouvernement syrien a affirmé que des troupes avaient été envoyées à Hama dimanche pour enlever des barricades érigées par les manifestants. Toutefois, un représentant de l'ambassade américaine à Damas a qualifié ces allégations d'« insensées », déclarant que le gouvernement avait attaqué son propre peuple.
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a qualifié la situation à Hama d'« horrifiante ». Les ministres français et britanniques ont quant à eux condamné ces actes de violence alors que l'Allemagne demandait officiellement qu'une réunion d'urgence soit organisée aux Nations Unies à New York aujourd'hui.
L'armée syrienne s'est retirée de la ville de Hama il y a un mois, mais elle reste présente en périphérie et contrôle de près l'arrivée des provisions dans la ville.
Répression contre la dissidence déjà du temps du père al-Assad
Hama est le centre symbolique de la dissidence depuis que des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie en 1982 lors d'un soulèvement de l'opposition sunnite des Frères musulmans qui a été violemment réprimé par l'ancien président syrien, Hafez al-Assad, le père de Bashar.
Même si cette ville de 800 000 habitants a mis du temps avant de se joindre aux manifestations de cette année, elle est devenue l'un des principaux foyers de rébellion. C'est dans cette ville qu'ont eu lieu certaines des plus importantes manifestations dans le pays ainsi que certains des pires actes de répression.
Les tanks et les troupes militaires sont à nouveau entrés à Hama à l'aube dimanche et ont tiré à l'arme automatique sur les civils, selon des témoins.
Les hôpitaux ont été submergés par le nombre de morts et de blessés. Les activistes et la population ont affirmé que plus de 100 personnes avaient été tuées avant que les tanks ne quittent à nouveau la ville au crépuscule.
Le gouvernement syrien a affirmé que cinq soldats, y compris un colonel, avaient été tués lors des affrontements d'hier dans tout le pays.