L'UE lancera bientôt un programme de tutorat pour les femmes d'affaires
Cette semaine, les femmes entrepreneurs ont obtenu un appui important de la Commission européenne dans sa révision du Small Business Act. Ses défenseurs espèrent que cela impliquera un renouvellement de l'énergie et du financement en faveur des initiatives européennes.
Cette semaine, les femmes entrepreneurs ont obtenu un appui important de la Commission européenne dans sa révision du Small Business Act. Ses défenseurs espèrent que cela impliquera un renouvellement de l'énergie et du financement en faveur des initiatives européennes.
La Commission européenne a précisé ses priorités en termes d'aide pour les petites et moyennes entreprises et a déclaré qu'elle mettrait sur pied des programmes de tutorat pour les femmes entrepreneurs dans au moins dix Etats membres pour leurs apporter un soutien et les conseiller.
Cette idée est envisagée depuis plus d'un an et devrait être présentée dans le cadre du réseau européen d'ambassadrices de l'esprit d'entreprise.
« La Commission a accompli de nombreuses choses, mais il reste beaucoup à faire si nous voulons sortir de la crise aujourd'hui », a déclaré mercredi (23 février) lors d'une conférence de presse Antonio Tajani, commissaire européen en charge de l'industrie et de l'entreprenariat.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont le moteur économique de l'Europe. La Commission estime que 99 % des entreprises européennes possèdent 250 employés ou moins.
Des données fiables sur les femmes entrepreneurs sont difficiles à trouver, mais à travers l'Europe, les entreprises dirigées par des femmes représenteraient moins de 30 pourcent du nombre total de PME. Afin de renverser cette tendance, la Commission tente de trouver des moyens de relever les défis financiers et sociaux qui empêchent certaines femmes de lancer leur propre entreprise.
Les businesswomen saluent le succès du programme…
La principale initiative de la Commission pour soutenir les femmes qui se lancent dans l'entreprenariat est le réseau européen de promotion des femmes entrepreneurs, connu sous le sigle WES. Les délégués du réseau sont originaires de 31 pays (les Etats membres de l'UE, plus la Croatie, l'Islande, la Norvège et la Turquie) et représentent les gouvernements et les institutions nationales chargés de la promotion de l'entreprenariat féminin.
Le projet a pour objectif « d'augmenter la visibilité des actuelles femmes entrepreneurs et de créer un climat favorable pour qu'il y ait davantage de femmes entrepreneurs ». Il fut lancé par la Suède en 2000, mais le dernier rapport annuel sur ses activités publié sur le site de la Commission date de 2008 et seuls 15 pays y ont contribué.
Le second programme majeur de la Commission est le réseau européen d'ambassadrices de l'esprit d'entreprise qui fut lancé par la présidence suédoise de l'UE fin 2009. Un groupe de dix pays ont sélectionné un total de 150 femmes entrepreneurs pour tisser un réseau, partager leurs expériences, les meilleures pratiques et pour faire passer le mot lors de conférences organisées dans leur pays d'origine.
Toutes les participantes semblent être d'accord sur le fait que le programme est un succès en termes de mise en valeur des femmes entrepreneurs et d'encouragement pour les autres femmes qui voudraient suivre leurs traces.
« C'est plutôt un honneur de se voir considérée suffisamment crédible pour s'adresser à un groupe de femmes », explique Liz Cassidy, fondatrice d' Irish Time Design et ambassadrice européenne pour l'Irlande. « Un des moments forts fut un voyage à Bruxelles pour participer à une conférence pour les femmes entrepreneurs sur la manière de concilier vie privée et vie professionnelle. C'était génial de rencontrer d'autres femmes et de partager nos expériences ».
… et mettent le doigt sur les faiblesses qui demeurent
Toutefois, le programme comporte également ses faiblesses.
Les Etats membres ont dû s'en sortir avec le financement de la Commission qui s'élevait à environ 50 000 euros par pays mais dépendait de la portée du projet. Ces fonds ont couvert les frais de transport des ambassadrices irlandaises, par exemple, mais elles ont dû payer de leur poche leurs repas et les autres dépenses au cours du programme.
Ce financement limité est une des raisons pour lesquelles seuls dix pays ont postulé, explique Petra Püchner, directrice générale de Steinbeis-Europa-Zentrum en Allemagne et responsable du programme des ambassadrices dans son pays.
« Nous encourageons bien évidemment l'UE à continuer ce programme. Et nous avons bien sûr demandé un meilleur financement du projet pour que nous puissions réellement agir », ajoute Mme Püchner. « Nous pouvons toujours en faire plus ».
Le programme européen a été élargi à 12 autres pays en décembre. Toutefois, même si la Commission affirme que le réseau inclut aujourd'hui 250 ambassadrices, ce ne sera que de courte durée car la première série de programmes se termine cette année.
En outre, l'UE a pris peu d'initiatives pour coordonner les deux groupes, explique Marian Mikheil qui dirige le programme des ambassadrices de l'UE en Suède.
« Notre principal défi dans ce projet constitue à combler l’absence de plateforme en ligne qui soit simple et accessible pour aider les ambassadrices de l'UE à travers les frontières à parvenir à cet effet de réseau. Cette situation a suscité de nombreuses plaintes, surtout de la part de mes ambassadrices », ajoute Mme Mikheil.
« La manière dont les ambassadrices de différents pays peuvent collaborer n'est pas claire », continue-t-elle. « Je comprends que de nombreux pays sont occupés à créer leur propre réseau, mais en ce qui nous concerne, en Suède, nous avons déjà un réseau en place et il n'y a pas beaucoup d'opportunités pour nos ambassadrices d'interagir avec d'autres en Europe ».
Interrogée sur la question d'une plateforme en ligne, Charlotte Arwidi, la porte-parole du commissaire Tajani, a déclaré : « Il n'y a pour le moment aucun projet de plateforme, mais nous restons ouverts aux nouvelles idées ».
Le site web de la Commission n'a pas été mis à jour depuis la fin de l'année pour y inclure des renseignements sur les nouveaux pays qui ont débuté le programme d'ambassadrices. Le 17 février, Cory Cook, une organisatrice professionnelle, a envoyé une demande d'informations sur le coordinateur britannique via le lien présent sur le site de la Commission. Elle attend toujours une réponse.
Mme Arwidi affirme que les noms des nouvelles ambassadrices seront mis à jour dès qu'ils les recevront. Certains des nouveaux pays sont encore dans le processus de sélection.
« Dans les prochains mois, tous les nouveaux noms devraient être en ligne. D'autres parties du site seront également mises à jour dans le courant de ce mois-ci », ajoute-t-elle.
Espérons qu'il s'agira du Women Entrepreneurship Portal, qui présente une liste d'évènements du réseau en Europe qui ont eu lieu entre 2004 et 2007, puis plus rien depuis, explique Mme Püchner.
« Il y avait plus de mouvement avant », ajoute-t-elle.
Néanmoins, le nouveau programme de tutorat de la Commission devrait remporter un franc succès parmi les femmes entrepreneurs en Europe.
« Nous avons interrogé les femmes entrepreneurs potentielles et nous leur avons demandé quels étaient les obstacles qu'elles rencontraient. Le plus grand obstacle, selon elles, serait le manque de programme de tutorat. Elles avaient des idées mais ne possédaient pas les moyens de passer à l'étape suivante », explique Carol Brady, chargée de projet pour la Chambre du commerce de Galway qui gère le programme des ambassadrices de l'UE en Irlande.